Les investisseurs ont commencé à lever le pied, le risk-off s’est installé, et l’élan s’est éteint, à mesure que la volatilité et la géopolitique brouillent la visibilité. Résultat cette semaine: le marché repasse en mode prudence, et l’indice bascule même en territoire négatif depuis le début de l’année.
Le vrai sujet de la semaine, ce n’est tant pas le -2,90% du MASI. C’est le marché des taux qui s’est tendu un cran de trop pour une place qui aime bien avancer en pantoufles. Le 2 ans qui prend +24 pbs à 2,74%, le 5 ans +16 pbs, et sur le secondaire la tension s’est déjà diffusée sur plusieurs maturités. Côté primaire, le Trésor peut faire le difficile grâce au surfinancement (18,45 levés pour 15,50 annoncés), ce qui temporise… tant que le 10 ans et le 15 ans ne se mettent pas à suivre franchement. Avec, en toile de fond, une liquidité bancaire tendue, qui risque de refroidir la demande sur les BDT sur le reste du 1er trimestre 2026, selon les analystes.
Pendant ce temps, le MASI a essayé un petit numéro jeudi. Une tentative de rebond, oui… sauf que même jeudi, ça a fini par reculer. Résultat: -2,90% sur la semaine à 18.643 points. En clair, près de 570 points envolés en cinq séances. Retour à la case départ, et même un cran plus bas, après un début janvier en fanfare. Le marché se retrouve maintenant avec un YTD à -1,08%. Ça pique surtout parce que, psychologiquement, les investisseurs avaient déjà “encaissé” ces 3% comme acquis.
Ce qui est assez parlant, c’est que dans ce mouvement de baisse, seulement deux secteurs échappent vraiment aux dégagements. Les mines, d’abord, portées par la hausse musclée des métaux précieux sur les marchés internationaux. Et les sociétés de financement, avec un +0,36%…un petit îlot de vert qui ne raconte pas grand-chose, au fond.
Côté “carton” individuel, pas besoin de chercher midi à quatorze heures: c’est encore une histoire de mines et de dossiers qui se traitent à part. SMI en tête (+13,76% à 6.200 DH), Minière Touissit (+10,55% à 2.190 DH), puis M2M Group (+5,32% à 475 DH) (Top 3 de la semaine). Le reste du marché, lui, avait plutôt la main sur le bouton “prudence”.
Et puis il y a l’ambiance globale, celle qui n’aide jamais les marchés à garder du souffle. Trump a refait du Trump, et ça a remis une couche de risk-off en rappelant aux investisseurs les séquences baissières du printemps 2025 (les cicatrices sont peut-être encore fraîches). Menaces de nouveaux droits de douane visant l’Europe en l’absence d’accord sur le Groenland… avant rétropédalage, sur fond d’accord avec l’OTAN. Sur les salles de marchés US, ils ont même un surnom pour ça: le TACO Trade “Trump Always Chickens Out”. Beaucoup de menace, puis une marche arrière. Le problème, c’est que même quand il recule, la volatilité, elle, reste.
Dans ce décor-là, difficile de reprocher aux investisseurs d’être frileux. Fin de période, visibilité moyenne, taux qui montent un peu plus que prévu, bruit géopolitique qui ressort du placard… ce n’est pas l’environnement rêvé pour “charger” du risque. Et dans cette configuration le risque se paie, le sans-risque se vend mieux.