EMISSION DU 03/04 - par Bourse de Casablanca: Une cuvée exceptionnelle de plus de 50 milliards de dirhams de masse bénéficiaire en 2025 (BKGR)

Retraité des éléments exceptionnels liés au litige IAM/Wana, le résultat net part du groupe (RNPG) agrégé ressort à 49,5 milliards de dirhams, soit une hausse plus modérée mais robuste de +22,3%, traduisant une amélioration structurelle de la rentabilité.

L’année 2025 s’inscrit dans une dynamique de croissance généralisée, avec un chiffre d’affaires global en progression de +10,9% à 345,1 Mds de DH, un résultat d’exploitation (REX) en hausse de +21,7% à 105,5 Mds de DH, et une masse bénéficiaire (RNPG) qui s’apprécie de +40%. Cette évolution reflète un double effet, à savoir une amélioration opérationnelle significative et la dissipation d’éléments exceptionnels qui avaient pesé sur les résultats en 2024.

Les industries reprennent le leadership de la cote

Après une année 2024 dominée par les financières, 2025 marque un retour en force des valeurs industrielles. Le RNPG du secteur industriel affiche une progression de +32,9% à 25,1 Mds de DH, dépassant celui des financières. Cette performance est notamment portée par la montée en puissance des projets miniers, l’amélioration des marges opérationnelles ainsi qu’un environnement de prix favorable pour certaines matières premières. Le secteur minier s’impose ainsi comme le principal catalyseur, avec une croissance spectaculaire du RNPG de +4,5x à 3,6 Mds de DH.

Les valeurs financières confirment leur rôle de socle défensif du marché, avec un RNPG en hausse de +13,2% à 22,4 Mds de DH. Cette progression repose sur une croissance du produit net bancaire (PNB) de +5,4%, une amélioration du coût du risque de -6,6% ainsi qu’une résilience globale de l’activité bancaire. Toutefois, la dynamique reste moins spectaculaire que celle observée du côté des industrielles.

Sur le plan opérationnel, la rentabilité s’inscrit en forte hausse, avec un REX des industries en progression de +51,1% et une marge opérationnelle qui passe de 15,9% à 21,1%. Même retraitée des éléments exceptionnels, la croissance opérationnelle demeure solide, avec une progression ajustée du REX global de près de +12%.

La masse globale des dividendes atteint 24,5 Mds de DH, en hausse de +16,9%, avec 42 sociétés sur 54 ayant augmenté leur dividende. Cependant, le rendement moyen recule à 2,6%, contre 2,8% en 2024, sous l’effet de la forte hausse des valorisations boursières, dont notamment SMI (DPA de 150 DH contre 80 DH en 2024), EQDOM (avec un DPA de 57 DH contre 0 DH en 2024) et AUTO NEJMA (DPA de 176 DH contre 120 DH en 2024).

En termes de valorisation et dans le contexte fortement bullish 2025, le Marché boursier marocain parvient néanmoins à maintenir un niveau de PER proche de sa moyenne historique, à savoir 20,1x, justifiant l’optimisme des investisseurs dans la capacité de la cote casablancaise à générer de la valeur additionnelle pour les années à venir. Retraité de l’impact du litige IAM/WANA, le PER 2025 se fixerait à 20,6x.

Au-delà de la seule performance annuelle, les chiffres confirment une tendance de fond : en quatre ans, la masse bénéficiaire de la cote a quasiment doublé. Cette évolution traduit une transformation progressive du tissu économique, une montée en puissance de nouveaux relais de croissance ainsi qu’une amélioration de la qualité des résultats.

Si la Bourse valide clairement la croissance bénéficiaire de 2025, le bureau de recherche estime que le marché entre désormais dans une phase plus exigeante en 2026.