EMISSION DU 10/04 - par Attijariwafa bank : M.S.IN revoit sa valorisation à 787 dirhams et recommande de renforcer

Cette révision intervient dans un contexte marqué par une amélioration progressive des fondamentaux du secteur bancaire marocain, après deux années 2022 et 2023 caractérisées par un resserrement monétaire lié à la poussée inflationniste. Le retour à des conditions monétaires plus accommodantes en 2024 et 2025 a permis une reprise de la dynamique de financement et de l’activité bancaire. 

Pour l'année 2026, les conditions monétaires favorables pourraient marquer une pause, en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Ce conflit a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz, ce qui pourrait alimenter l'inflation et, par conséquent, conduire à une augmentation des taux d'intérêt.

S'agissant des années à venir, la dynamique de croissance du secteur bancaire devrait néanmoins se poursuivre. Dans ce cadre, le bureau de recherche anticipe un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 4,4% et de 6,17% sur la période 2026e-2030p pour le produit net bancaire (PNB) consolidé et le résultat net part du groupe (RNPG), respectivement. Cette trajectoire devrait être portée par l'évolution favorable des encours de crédits.

Plusieurs leviers devraient accompagner cette trajectoire. D’une part, la dynamique d’investissement public au Maroc, notamment dans les infrastructures, devrait soutenir la croissance des crédits. D’autre part, le coût du risque devrait s’améliorer à court et moyen terme, dans un environnement économique jugé favorable.

Par ailleurs, la contribution des activités de marché au PNB devrait continuer de se normaliser progressivement, portée par l’assouplissement de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib et par la reprise de l’activité sur les marchés financiers.

Sur le plan opérationnel, la maîtrise des charges, notamment via la montée en puissance de la banque digitale, devrait permettre de stabiliser le coefficient d’exploitation moyen (COEX) autour de 36,5% sur l’horizon de projection.

À l’international, la présence du groupe en Afrique continue d’offrir des relais de croissance, malgré un niveau de risque plus élevé lié à certains marchés, dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur progressive des normes prudentielles.

Concernant la politique de distribution, M.S.IN rappelle qu’Attijariwafa bank a versé historiquement un dividende ordinaire compris entre 11 et 22 dirhams par action entre 2015 et 2025, correspondant à un payout moyen de 48,2% et un rendement moyen de 2,8%. Sur la période 2026e-2030p, les analystes anticipent un dividende ordinaire moyen de 27,1 dirhams, soit un rendement moyen de 8,2%.

Dans ces conditions, et compte tenu du repli du titre depuis le début des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, M.S.IN relève sa recommandation de conserver à renforcer le titre dans les portefeuilles.