Sébastien Bazin, Président-directeur général d’Accor, a illustré cette évolution par une métaphore forte :
«C’est un nouveau mariage. Il était temps de renouveler les vœux, de se dire ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas bien fonctionné».
Cette nouvelle étape repose sur une répartition plus claire des rôles.
«L’opérationnel va passer chez Risma et nous, Accor, allons définir plus rapidement les destinations, les expériences et les marques à déployer», a-t-il expliqué. Ce repositionnement vise à gagner en agilité dans un marché marocain en pleine mutation, porté par une montée en puissance du tourisme et des événements internationaux à venir.
De son côté, Azeddine Guessous, président du Conseil de surveillance de Risma, a précisé les contours opérationnels de ce virage stratégique. Le groupe marocain évolue progressivement vers un modèle de franchise, lui permettant de gérer directement ses hôtels tout en s’appuyant sur la puissance commerciale et marketing d’Accor.
«Nous avons acquis l’expérience (…) et pouvons aujourd’hui gérer nos hôtels nous-mêmes, tout en bénéficiant de la force de frappe d’Accor », a-t-il indiqué. Ce modèle, jugé plus flexible, doit permettre une expansion plus rapide du parc hôtelier et une meilleure adaptation aux spécificités locales.
Dans le même sens, Amine Echcherki, président du Directoire de Risma, met en avant les leviers opérationnels de cette évolution : «Le prolongement et le nouvel élan donné à notre relation historique avec Accor sont des facteurs clés de succès pour nos ambitions. L’accélération de notre développement commun se fera notamment par le biais de la franchise, permettant une expansion plus rapide et diversifiée de nos activités. Fort de la puissance commerciale et marketing d’Accor et de l’expertise intégrée que Risma a développé en matière de gestion, nous disposons de tous les atouts pour contribuer à la modernisation de l’offre hôtelière au Maroc, ainsi qu’à l’élévation constante de ses standards».
Sofitel Tanger : Un projet emblématique à horizon 2029
Parmi les projets structurants annoncés, le futur Sofitel de Tanger constitue une pièce maîtresse du dispositif. Situé sur la corniche de la ville, à proximité immédiate du port et de la médina, l’établissement offrira une vue panoramique sur le détroit. Selon les indications communiquées lors de la présentation, l’hôtel devrait compter 175 chambres et son ouverture est prévue au premier trimestre 2029, en amont de la Coupe du Monde 2030.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer l’offre haut de gamme au Maroc, en particulier dans des destinations à fort potentiel comme Tanger, appelée à jouer un rôle clé dans la montée en gamme du tourisme national.
Pour Sébastien Bazin, cette nouvelle phase doit permettre d’accélérer le déploiement des marques du groupe au Maroc :
«Il faut aller plus vite, être plus agile et identifier les expériences qui n’existent pas encore». Le dirigeant met également en avant le positionnement stratégique du Royaume :
«Le Maroc va jouer un rôle de plus en plus important dans le tourisme mondial, il faut être au rendez-vous».
Dans ce contexte, Accor entend capitaliser sur la dynamique internationale du pays, notamment à l’approche de la Coupe du Monde 2030, tout en misant sur l’amélioration de l’expérience client comme levier différenciant.
Par ailleurs, le partenariat met fortement l’accent sur la formation et le développement des compétences. Les deux groupes ont ainsi annoncé la création d’une académie dédiée aux métiers du tourisme, en partenariat avec des institutions locales, dont l’Université Mohammed VI Polytechnique. Objectif : former à la fois les collaborateurs opérationnels et les managers, dans un secteur appelé à recruter massivement dans les années à venir.
«On veut donner une évolution de carrière à ceux qui n’ont pas eu suffisamment d’études et accompagner aussi leurs responsables», a souligné Bazin.
Dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques, le Maroc apparaît comme une destination stable et attractive, bénéficiant de reports de flux touristiques. Accor souligne d’ailleurs la solidité des perspectives de réservation sur le Royaume, confirmant son rôle croissant dans le tourisme régional et international.
Au final, ce partenariat renforcé s’inscrit dans une ambition d’accompagner la transformation du Maroc en destination touristique de référence à l’échelle internationale. «Ce n’est pas une rupture, c’est un partenariat encore plus forte», a insisté Azeddine Guessous.
Entre montée en gamme, développement accéléré et investissement dans le capital humain, Accor et Risma entendent ainsi ouvrir un nouveau chapitre, à la hauteur des ambitions du Royaume à l’horizon 2030.
Nissrine EL MARINI