Le marché a bien accueilli la publication 2025 de Disty Technologies. Et pour cause, la société, en plus d’afficher une croissance soutenue de son activité, a démontré une amélioration de sa rentabilité, une baisse de son endettement net ainsi qu'une revalorisation marquée de son dividende. Un triptyque rarement ignoré par les investisseurs.
Le chiffre d’affaires 2025 ressort à 638,3 MDH, en progression de 16,5%. L’EBITDA suit avec une hausse de 18,7%, tandis que le résultat d’exploitation progresse de 20,9%. Plus bas dans le compte de résultat, le bénéfice net grimpe de 33,6%, à 25,8 MDH. Des chiffres bien orientés, certes, mais dont la portée dépasse, selon plusieurs observateurs, le simple cadre d’un bon exercice.
“Le premier message qui ressort de la copie de Disty en 2025, c’est celui d'un distributeur qui commence à mieux transformer sa croissance en rentabilité”, nous explique un gérant de la place. “Quand le chiffre d’affaires progresse de 16,5%, mais que le résultat d’exploitation et le résultat net accélèrent davantage, cela traduit une amélioration de la qualité de la croissance”.
Cette lecture est d’autant plus intéressante que Disty évolue sur un métier où la croissance s’accompagne souvent d’une pression sur le besoin en fonds de roulement. Or, la société est parvenue, en 2025, à réduire son endettement net de 9,4%, à 86,4 MDH, malgré la progression de l’activité. Pour l’analyste interrogé, c’est probablement là le signal le plus important de la publication.
“Dans les métiers de distribution, la croissance consomme généralement du bilan. Quand une société accélère commercialement tout en réduisant sa dette nette, cela veut dire qu’il se passe quelque chose de plus sain dans sa structure financière”, explique-t-il. “Cela renvoie donc à une meilleure gestion des stocks, à une exécution plus propre et à une capacité croissante à convertir l’activité en cash”.
En clair, le dossier semble sortir progressivement d’un schéma où la croissance se finançait au prix d’une tension plus forte sur le bilan. Et ce glissement peut alors modifier la façon dont le marché valorise la société.
Un dividende qui en dit long
L’autre élément marquant de cette publication reste le dividende proposé, en nette hausse par rapport à l’exercice précédent. Pour rappel, lors de la 3e édition du Salon de l’Épargne, Younes El Himdy avait annoncé un DPA de 18 DH au titre de l’exercice, contre 16,5 DH en 2024. Finalement, la société s’est montrée plus généreuse envers ses actionnaires, en proposant la distribution d’un dividende de 19,5 DH par action.
“Le dividende est important dans cette séquence parce qu’il valide aussi, au moins en partie, l’idée que le management juge la génération de cash plus solide et plus lisible. Quand une société relève franchement son dividende alors même qu’elle améliore ses résultats et allège sa dette, elle dit au marché que sa trajectoire devient plus prévisible”, estime notre interlocuteur.
D’ailleurs, dès le lendemain de la publication, le titre a bénéficié d’un accueil favorable (avec une hausse de 10%), dans le sillage de cette combinaison entre bénéfices en hausse, structure financière mieux orientée et dividende revalorisé. Pour plusieurs intervenants, Disty commence ainsi à présenter un profil plus équilibré, à mi-chemin entre valeur de croissance et valeur de rendement.
“Le marché semble avoir surtout salué un changement de profil”, poursuit l’analyste. “Le dossier devient intéressant parce qu’il ne repose plus uniquement sur la croissance du chiffre d’affaires, mais de plus en plus sur la solidité de l’exécution et sur la capacité à restituer une partie de la création de valeur à l’actionnaire”.
Une publication qui change la lecture du dossier
Jusqu’ici, Disty était surtout suivie comme une small cap de croissance, bien positionnée sur la distribution IT et capable de profiter d’un marché marocain dynamique. Les comptes 2025 ouvrent une autre lecture d’une société qui gagne en maturité financière. Le contexte sectoriel reste certes favorable. Le renouvellement des équipements IT, la demande des secteurs public et privé, ainsi que les projets liés à Maroc Digital 2030 offrent des relais de croissance visibles.
“Le vrai sujet pour 2026 sera la tenue de la marge opérationnelle, la capacité à contenir le besoin en fonds de roulement et la discipline dans l’allocation du capital”, avance notre source. “Si ces éléments se confirment, Disty pourrait progressivement passer du statut de belle petite valeur de croissance à celui de valeur de qualité bien installée”.
Le titre a déjà signé une performance de 84,23% sur trois ans, avec un PER de 13,38 bien inférieur à ce que propose le marché. Sans parler de valorisation bradée, le gérant estime que le dossier garde du répondant si le marché considère que 2025 ne constitue pas un simple pic, mais le début d’un régime plus durable.
Points de vigilance pour le secteur
Reste que le dossier n’échappe pas aux aléas de son environnement. Les tensions géopolitiques et les fragilités persistantes des chaînes d’approvisionnement continuent d’alimenter une certaine vigilance sur le marché IT mondial, notamment en matière de coûts, de délais et de disponibilité de certaines gammes de produits.
Sur ce point, Disty semble aujourd’hui mieux armée qu’auparavant. La diversification de son portefeuille de marques, l’élargissement de sa base clients, l’obtention de la certification ISO 9001 ou encore le démarrage du centre de service agréé renforcent sa crédibilité opérationnelle. Mais cela ne signifie pas que le groupe serait insensible à un nouvel épisode de tension logistique et la pénurie des composantes IT.
“Disty n’est évidemment pas immunisée contre une dégradation de l’environnement d’approvisionnement, personne ne l’est dans ce secteur”, tempère le gérant. “Mais elle paraît aujourd’hui mieux armée qu’il y a quelques années pour absorber des perturbations sans que cela ne désorganise complètement son modèle”.
Au final, la publication 2025 de Disty Technologies laisse entrevoir l’installation graduelle d’un profil plus robuste, où la croissance ne se lit plus seulement dans l’activité, mais aussi (et surtout) dans la qualité des résultats, dans la tenue du bilan et dans la rémunération de l’actionnaire. C’est précisément ce type d’inflexion que le marché aime repérer tôt.