La remontée des cours intervient après une nouvelle séquence d’escalade entre les États-Unis et l’Iran. Téhéran a menacé de riposter à toute nouvelle attaque américaine contre ses actifs et averti que les infrastructures énergétiques dans le Golfe pourraient être visées. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a parallèlement ralenti en début de semaine : sept navires transportant des matières premières ont emprunté le passage lundi, contre huit la veille, selon les données de Kpler.
Les tensions s’étaient déjà accentuées durant le week-end. Samedi, les forces américaines ont frappé trois pétroliers iraniens, dont un à proximité de l’île de Kharg, principal terminal d’exportation de brut de l’Iran. Washington a présenté ces frappes comme une réponse à des tirs de missiles balistiques des Gardiens de la Révolution contre deux bâtiments de l’US Navy. L’Iran a de son côté affirmé avoir pris pour cible trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz ainsi que d’autres navires liés aux États-Unis.
La tension s’est également propagée à l’Arabie saoudite. Des attaques menées par les Houthis contre plusieurs villes du sud du Royaume, notamment Jazan, Abha, Khamis Mushait et Najran, ont entraîné l’arrêt des opérations dans certaines installations énergétiques et fait 73 blessés, selon les autorités saoudiennes. Des incendies se sont déclarés sur plusieurs sites. Concernant les installations d’Aramco à Jazan, le Financial Times a fait état de frappes et d’une évaluation des dégâts en cours, une information que Reuters indiquait ne pas être en mesure de vérifier dans l’immédiat.
Malgré ces perturbations, une partie des flux pétroliers continue de transiter par Ormuz. Les estimations restent toutefois très variables. Selon Rystad Energy, les flux sont récemment tombés sous les 2 millions de barils par jour, mais leur moyenne mobile demeure comprise entre 4 et 5 millions de barils par jour. D’autres estimations du secteur les situent entre 6 et 8 millions de barils. Les expéditions de brut des producteurs du Moyen-Orient sont, elles, évaluées à environ 11 millions de barils par jour, contre 18 millions avant le début de la guerre.
Cette persistance des flux, combinée au recours accru à des routes d’exportation alternatives et à la hausse de la production hors OPEP, contribue pour l’heure à maintenir le Brent sous le seuil symbolique des 100 dollars. Le marché reste néanmoins particulièrement sensible à toute nouvelle dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz.