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Conflit au Moyen-Orient: Deux scénarios de risque pour l’économie marocaine

Un scénario central d’escalade contenue

Dans un scénario central marqué par une escalade limitée et l’absence de blocage durable du détroit d’Ormuz, l’économie marocaine évoluerait dans un environnement international perturbé mais encore maîtrisable.

Avant le déclenchement du conflit, la croissance du Maroc était attendue autour de 4,7% en 2026, soutenue par la reprise agricole, la dynamique de l’investissement public et la solidité du secteur des services.

Toutefois, la remontée des cours du pétrole au-delà de 85 dollars le baril pourrait peser temporairement sur l’activité. BKGR estime que la croissance pourrait être amputée d’environ 0,4 point, sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques, du renchérissement des intrants importés et d’un possible affaiblissement de la demande intérieure.

Sur le plan des prix, l’inflation, initialement prévue autour de 1,3%, pourrait atteindre près de 2% en 2026, reflétant une hausse modérée de l’inflation importée en cas de perturbations temporaires sur le détroit d’Ormuz. Ce contexte resterait gérable du point de vue de la politique monétaire, conduisant vraisemblablement BANK AL‑MAGHRIB à maintenir sur l’année en cours son taux directeur à 2,25% dans le double objectif de soutenir l’activité et de contenir les tensions inflationnistes.

Les équilibres macroéconomiques resteraient sous pression mais sans rupture majeure. Le déficit budgétaire, ciblé initialement à 3,4% du PIB, pourrait s’élargir d’environ 0,2 point, notamment en raison de l’augmentation des charges de compensation liée à la hausse de la facture énergétique.

De son côté, le déficit du compte courant évoluerait dans une fourchette comprise entre 2,5% et 3% du PIB, malgré la résilience attendue des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidant à l’étranger.

Pour BKGR, ce scénario met en évidence la nécessité pour le Maroc de renforcer progressivement sa résilience structurelle, notamment à travers la diversification des sources d’énergie et la préservation de marges de manœuvre budgétaires face aux chocs externes.

Un scénario dégradé en cas de conflit prolongé

Dans un scénario plus défavorable, caractérisé par une prolongation du conflit et des perturbations logistiques répétées, l’économie marocaine pourrait entrer dans une phase de vulnérabilité plus marquée.

Un choc énergétique durable entraînerait une hausse des coûts de production et des prix des intrants importés, pesant davantage sur l’activité économique. Dans cette hypothèse, la croissance pourrait être amputée d’environ 1 point, en raison du renchérissement prolongé de l’énergie et d’un climat de confiance affaibli susceptible de freiner la consommation et l’investissement.

L’inflation réagirait également plus fortement. Alimentée par un choc d’offre lié aux tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz, elle pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 3% et 4%, installant l’économie dans un régime de prix plus difficile à stabiliser.

Une telle situation limiterait les marges de manœuvre de la politique monétaire, alors que les conditions financières pourraient se durcir et que le coût de financement souverain risquerait de se renchérir.

Dans le même temps, les équilibres internes et externes se dégraderaient davantage. Sous l’effet de la hausse durable des charges de compensation et de la facture énergétique, le déficit budgétaire pourrait se creuser d’environ 0,4 point.

 

 

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