Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent sont tombés sous les 74,5 dollars mercredi, alors que les marchés se positionnent face à une nouvelle vague de droits de douane américains susceptibles d’exacerber les tensions commerciales mondiales. L’administration Biden n’a pas encore précisé l’ampleur des mesures, mais leur entrée en vigueur immédiate alimente la nervosité des investisseurs.
Un marché en quête de visibilité
Les cours du Brent pour livraison en juin ont reculé de 0,33 % à 74,49 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) pour mai a perdu 0,39 % à 71,20 dollars. La volatilité s’est intensifiée avec la montée des spéculations sur les potentielles répercussions économiques de ces nouvelles sanctions commerciales.
"Plus tôt dans la journée, nous avons été confrontés à la même histoire que ces trois dernières semaines, à savoir des perturbations potentielles de l'approvisionnement en raison des droits de douane imposés sur le Venezuela, le Canada et le Mexique", résume Robert Yawger, de Mizuho USA.
Les inquiétudes ne se limitent pas aux barrières tarifaires. Le président Biden a récemment durci le ton à l’égard de la Russie et de l’Iran, menaçant d’accroître les sanctions pétrolières. Ces annonces ont soutenu les cours en début de séance, avant que des prises de bénéfices n’entraînent un recul des prix.
L’OPEP+ réintroduit des barils sur le marché
Les investisseurs scrutent également l’évolution de l’offre. L’OPEP+ a officiellement augmenté sa production de 138 000 barils par jour à partir de mardi, une décision qui pèse sur les prix. Le cartel doit se réunir ce samedi pour évaluer sa stratégie de production à moyen terme.
« La réintroduction des barils de l’OPEP+ ajoute une pression supplémentaire sur les cours », souligne Yawger. Le marché reste attentif aux prochaines décisions du groupe, après avoir été pris de court par sa détermination à maintenir son calendrier d’augmentation de l’offre.
Les fondamentaux restent cependant complexes. Après être brièvement tombé sous les 70 dollars le baril ces dernières semaines, le marché a rebondi, soutenu par les tensions géopolitiques et les restrictions sur l’offre.
Avec les sanctions américaines qui se profilent et l’évolution des discussions au sein de l’OPEP+, le pétrole reste vulnérable aux fluctuations de court terme, alors que les investisseurs tentent d’anticiper les prochaines manœuvres des grandes puissances économiques.