Jeudi 21 Mars 2024

Inflation au Maroc: Leçon d'une inflexion réussie

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Dans une récente étude sur la macroéconomie marocaine, SogéCapital Bourse nous explique comment le Maroc a réussi l’inflexion de l’inflation en moins de temps et à moindre «coût». Décryptage d'une stratégie multidimensionnelle saluée par les experts.

Le Maroc a fait figure de bon élève face à la vague d'inflation mondiale. Alors que de nombreux pays peinent encore à la juguler, le Royaume a réussi ce tour de force plus rapidement et à moindre coût. Une prouesse qui trouve ses racines dans une combinaison de facteurs naturels (propres à notre économie), de mesures gouvernementales calibrées et d'une politique monétaire efficiente, selon le courtier SogéCapital Bourse, pour qui l’inflation a tout de même démarré plus fortement atteignant les mêmes sommets que dans d’autres pays.

Si la sécheresse et la rigidité du marché du travail marocain laissaient présager une spirale inflation-salaires difficile à casser, le pays a bénéficié d'un atout pour le moins unique : la composition de son panier de consommation. En effet, 22% des produits achetés par les ménages marocains bénéficient de prix «fixés», subventionnés ou administrés. Ce coussin de sécurité a permis d'atténuer le choc inflationniste importé, explique le broker.

 

Un gouvernement sur tous les fronts

Loin de rester les bras croisés, le gouvernement marocain a déployé un arsenal de mesures ciblées pour contenir la hausse des prix et protéger le pouvoir d'achat des citoyens. Subventions directes aux agriculteurs pour soutenir la production et éviter la pénurie, restrictions à l'exportation pour garantir l'approvisionnement national, surveillance accrue contre la spéculation : les autorités ont agi avec pragmatisme sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

Parmi les mesures les plus significatives, ils citent une enveloppe de 8 milliards de dirhams par an  alloués entre 2022 et 2023 pour des subventions au secteur des transports, la réduction du taux de TVA de 20% à 10%  sur les huiles de pétrole ou de schistes, brutes ou raffinées, pour un coût fiscal de  4,9 milliards de dirhams  en 2022. Ou encore, pour la première fois, des subventions directes aux agriculteurs  pour la saison agricole 2023-2024, avec notamment jusqu'à 70.000 dirhams par hectare  pour les tomates, 5.000 dirhams par hectare pour les oignons et 15.000 dirhams par hectare  pour les pommes de terre. Ceci a eu un effet immédiat, visible dès le mois de décembre sur l’indice des prix, et qui s’est poursuivi en début d’année 2024.

 

Un bras de fer monétaire remporté

La Banque centrale n'est pas restée en marge de la lutte contre l'inflation. En augmentant le taux directeur, elle a cherché à freiner la demande et ainsi casser la dynamique inflationniste. Pari réussi, grâce à une transmission efficace de la politique monétaire vers les taux débiteurs et le canal de change, qui a contribué à stabiliser les prix à l'importation.

Pour le courtier, Bank Al-Maghrib a pris le temps nécessaire d’observation, sans s’engager aveuglement dans un mouvement de hausse de taux violent, réussissant à limiter l'ampleur de cette augmentation à 150 pbs, soit un taux directeur à 3%.

«(…)Nous supposons que la répercussion partielle des taux a tout de même refrené la hausse des crédits, participant à la baisse de l’inflation, sans pour autant pouvoir quantifier cet impact. (…) Certes, les prix des matières premières ont baissé en 2023 vs. 2022, mais la politique monétaire a contribué au renforcement du MAD et a ainsi participé à l’allègement de la facture à l’importation», ajoute dans ce sens l’étude, qui prévoit un statu quo du taux directeur pour l’année 2024.

Au final, le succès du Maroc face à l'inflation qui tombe à 0,3% en février est un modèle à suivre pour de nombreux pays comparables ou en développement. En tirant parti de ses atouts et en mettant en place une stratégie multidimensionnelle, le Maroc a su préserver sa stabilité économique et sociale, tout en limitant le plus possible l'impact de la crise sur le quotidien de ses citoyens.

 

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