Une modélisation appliquée au MASI combine simulation de Monte-Carlo et suivi systématique de tendance afin de cartographier les trajectoires possibles de l’indice à un mois. Fondée sur l’historique du marché entre 2013 et 2026, cette approche fait ressortir une borne haute à 18.871 points et une borne basse à 16.518 points, sans pour autant constituer une prévision certaine.
L’analyse technique et quantitative du marché casablancais s’enrichit d’une approche associant simulations stochastiques et règles systématiques. Appliqué à l’indice de référence de la Bourse de Casablanca, le MASI, ce modèle vise à mieux encadrer les risques, à identifier le biais directionnel du marché et à objectiver les décisions d’allocation.
Contrairement à une prévision reposant sur un objectif de cours unique, le modèle génère une multitude de trajectoires possibles à partir du comportement historique de l’indice. Il combine deux outils complémentaires : la simulation de Monte-Carlo, destinée à mesurer l’incertitude, et le suivi de tendance, utilisé pour déterminer l’orientation dominante du marché.
Monte-Carlo : cartographier les scénarios plutôt que prédire un niveau précis
L’évolution future d’un indice boursier demeure, par nature, incertaine. La simulation de Monte-Carlo ne cherche donc pas à déterminer avec précision le niveau que le MASI atteindra à une date donnée.
À partir des rendements, de la volatilité et des variations historiques de l’indice, l’algorithme génère plusieurs milliers de trajectoires possibles. Leur dispersion permet d’évaluer les amplitudes de variation potentielles et de construire un couloir probabiliste autour du dernier niveau observé.
L’intérêt de cette méthode réside principalement dans l’analyse du risque. Elle permet de visualiser l’éventail des scénarios favorables et défavorables, d’estimer les pertes potentielles et de mesurer l’élargissement de l’incertitude à mesure que l’horizon de projection s’allonge.
Les résultats restent toutefois dépendants des hypothèses retenues et du comportement passé du marché. Une simulation historique ne garantit donc pas la reproduction des mêmes configurations à l’avenir.
Le second volet du modèle repose sur le suivi de tendance, ou trend following. Cette méthode ne cherche pas à anticiper les points bas ou les sommets, mais à détecter l’installation d’une dynamique suffisamment claire pour être accompagnée.
Lorsque l’indicateur apparaît en vert, le modèle identifie un biais haussier. Son passage au rouge signale, à l’inverse, une dynamique baissière ou une dégradation de la tendance.
Cette approche se distingue d’une stratégie passive d’achat-conservation, dans laquelle l’investisseur demeure exposé à l’intégralité des cycles du marché. Le suivi de tendance peut permettre de réduire l’exposition lors des phases de retournement, mais il peut également produire de faux signaux lorsque l’indice évolue sans direction claire.
Sur le graphique présenté, la ligne de suivi de tendance apparaît en rouge au niveau des dernières séances observées, signalant un biais immédiat encore défavorable malgré les différentes trajectoires de rebond simulées.
Le modèle s’appuie sur l’évolution du MASI entre 2013 et 2026. Cet historique couvre plusieurs configurations du marché casablancais : phases haussières, corrections, épisodes de volatilité élevée et périodes de consolidation.
La dernière cotation disponible constitue le point de départ de la projection. À partir de ce niveau, l’algorithme déploie un ensemble de trajectoires matérialisées par les lignes grises du graphique.
Ces trajectoires ne représentent pas autant de prévisions indépendantes. Elles illustrent les différents chemins que pourrait emprunter l’indice en fonction des caractéristiques statistiques intégrées au modèle.

Le graphique fait apparaître un cône dont l’amplitude s’élargit progressivement. Cette ouverture traduit l’augmentation de l’incertitude avec le temps : plus l’horizon de projection est éloigné, plus l’éventail des niveaux potentiels devient large.
La borne supérieure, matérialisée en vert, représente la partie haute du couloir de projection. Elle regroupe les scénarios les plus favorables parmi les trajectoires générées par le modèle.
La borne inférieure, représentée en rouge, correspond à la partie basse de l’enveloppe et illustre les scénarios de risque les plus défavorables.
Ces bornes ne doivent pas être assimilées à des objectifs de cours garantis. Elles constituent des repères probabilistes calculés à partir de la volatilité et des variations historiques du MASI.
Projetée sur un horizon d’un mois, l’analyse stochastique fait ressortir quatre principaux niveaux permettant d’encadrer les risques à partir de la configuration actuelle du marché.
Le scénario haussier extrême situe la borne supérieure de la projection à 18.871 points. Ce niveau correspond à l’hypothèse la plus favorable générée par le modèle compte tenu de la volatilité retenue.
Un scénario intermédiaire favorable place le MASI autour de 18.092 points. Il représente une trajectoire de progression au sein de la partie supérieure du couloir probabiliste.
À l’inverse, le scénario intermédiaire défavorable fait ressortir un niveau de 17.152 points. Il traduit l’hypothèse d’une correction modérée de l’indice durant le mois de projection.
Enfin, le scénario baissier extrême établit la borne inférieure de l’enveloppe de risque à 16.518 points. Ce niveau mesure l’amplitude de baisse la plus importante parmi les scénarios encadrés par le modèle et constitue un repère pour l’évaluation des pertes potentielles, ou drawdown.
La combinaison de la simulation de Monte-Carlo et du suivi de tendance fournit un cadre structuré pour analyser le MASI. Elle permet de visualiser plusieurs trajectoires, de mieux mesurer le risque et de limiter le poids des décisions dictées par la peur ou l’excès d’optimisme.
Le modèle ne supprime toutefois ni l’incertitude ni le risque de marché. Ses résultats dépendent de la qualité des données, de la période analysée et des hypothèses statistiques utilisées. Ils doivent être complétés par l’analyse fondamentale, l’étude des volumes, la liquidité du marché et les objectifs propres à chaque investisseur.
BELAID Oussama