Le marché a surtout fait son travail en début de semaine. +0,94% lundi, puis encore +0,52% mardi : en deux séances, le MASI avait retrouvé 17.041 points et remis un peu de distance avec la zone des 16.850 points, dangereusement approchée quelques jours plus tôt. La suite a été beaucoup plus poussive. Mercredi a coûté 0,44%, jeudi n’a rendu que 0,19% et vendredi s’est terminé à l’équilibre ou presque. À la clôture, l'indice s'est sédimenté à 16 997,92 points, à quelques encablures de la ligne des 17 000 points.
Cette semaine verte a donc le mérite d’interrompre l’hémorragie, pas encore celui de remettre les acheteurs aux commandes. Les volumes disent d’ailleurs assez bien l’état d’esprit : 186 MDH mardi, 184 MDH mercredi, 181 MDH jeudi et seulement 117 MDH vendredi. Rien à voir avec les séances de dégagement de septembre, lorsque les institutionnels avaient largement utilisé les grandes capitalisations pour réduire la voilure.
Pour autant, la machine n'est pas complètement grippée et l'on redécouvre les vertus du stock-picking. L'immobilier a ainsi offert de belles bouffées d'oxygène à la cote. Sur la semaine, Addoha a pris 16,67%, Alliances 11,80% et Résidences Dar Saada 7,28%. En agrégé, le compartiment a signé la plus forte hausse hebdomadaire pour 13,22%. Après plusieurs semaines où le bêta faisait presque tout le travail, quelques histoires individuelles retrouvent donc de la place dans les carnets.
Du côté des taux, après deux adjudications où le Trésor avait quasiment déserté le primaire, l’argentier de l’État est revenu cette semaine avec 6,9 milliards de dirhams de levées, dont plus de 5 milliards sur le 5 ans. Il a fallu concéder 12 points de base supplémentaires sur cette maturité, à 3,027%. BKGR estime que la pression pourrait encore se prolonger sur le moyen et le long terme, avec 9 à 9,5 milliards de dirhams de besoins annoncés pour octobre. Autant dire que le coût de l’argent prend toujours du poids dans les arbitrages et les multiples actions ne bénéficient plus du même confort qu’en début d’année ou, du moins, qu’en 2025.
Malgré le rebond hebdomadaire de l’indice MASI 20 affiche encore -17,07% au compteur depuis janvier, contre -9,81% pour le MASI. Et la capitalisation globale a terminé vendredi juste sous la barre symbolique des 1.000 milliards de dirhams.
La baisse est certes en pause, et c'est déjà un soulagement. Maintenant pour transformer ce sursis en véritable dynamique de reprise, il faudra de vrais flux, des convictions chevillées au corps et des acheteurs prêts à tenir leurs positions plus de deux séances.