Pour la deuxième semaine consécutive, la Bourse de Casablanca termine dans le rouge, toujours suspendue à la même variable du conflit au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l’énergie.
Le MASI recule de 1,41% à 16.856 points, sur des volumes de 2,6 milliards de dirhams, eux aussi en retrait par rapport à la semaine précédente. Le premier choc psychologique est passé. Reste ainsi un marché qui baisse moins vite, mais qui ne trouve toujours pas de raison solide de se redresser.
Le changement, cette semaine, tient surtout à la nature du malaise. Il y a huit jours, la réaction était plutôt de vendre avant de comprendre. Cette fois, les investisseurs ont davantage essayé d’évaluer ce que ce conflit implique vraiment pour la croissance, l’inflation et les politiques monétaires. Et sur ce point, le pétrole continue de dicter le tempo.
Le Brent a clôturé vendredi à 103,14 dollars, en hausse de 11% sur la semaine. Depuis les premières frappes de la fin février, il a gagné plus de 42%. Le WTI suit la même trajectoire, à 98,71 dollars, avec une envolée de plus de 47% depuis le début du conflit. Les cours ont reflué par rapport aux pointes observées plus tôt dans la crise, quand le Brent avait approché les 120 dollars, mais ils restent à des niveaux suffisamment élevés pour entretenir un vrai stress inflationniste. Reuters rapporte d’ailleurs que le Brent a terminé vendredi à 103,14 dollars et que les cours restent soutenus par les perturbations de l’offre, malgré les annonces de recours aux stocks stratégiques.
Autrement dit, le marché ne regarde plus seulement les missiles mais aussi et surtout la facture énergétique. Et pour un pays importateur net comme le Maroc, la sensibilité est immédiate. Chaque tension durable sur les hydrocarbures ravive le spectre d’une inflation importée, avec derrière lui toute la chaîne habituelle : pression sur les coûts, arbitrages plus prudents des ménages, marges sous surveillance dans certains secteurs et questionnement sur la trajectoire des taux.
C’est ce qui rend les prochains rendez-vous monétaires particulièrement délicats. Aux États-Unis comme ailleurs, les banques centrales abordent leur réunion avec un nouvel élément de désordre. Au Maroc, le Conseil de Bank Al-Maghrib se tient le 17 mars 2026 dans un contexte brutalement durci par la flambée des prix de l’énergie.
Pour la Banque centrale, la difficulté est qu’un choc énergétique ne choisit jamais entre croissance et inflation. Il complique les deux. C’est tout le problème des banquiers centraux en ce moment. D’un côté, l’inflation marocaine restait modérée récemment, avec un taux de -0,8% en janvier 2026 selon les données de BAM. De l’autre, la dépendance énergétique du Royaume laisse peu de marge si la tension sur le brut devait durer. Le statu quo paraît l’option la plus probable à court terme, mais ce sera surtout le commentaire de la Banque centrale qui sera scruté.
Pour le moment, le marché ne demande pas encore une bonne nouvelle. Il cherche surtout à éviter la mauvaise de trop. C’est ce qui explique sans doute cette deuxième semaine de repli, moins violente que la première, mais pas vraiment plus confortable.