Mardi 15 Novembre 2022

Cryptomonnaies: après la faillite de FTX, le secteur joue sa survie

Cryptomonnaies: après la faillite de FTX, le secteur joue sa survie

La faillite de la plateforme FTX sape la confiance des investisseurs et menace le jeune secteur des cryptomonnaies, poussant ses principaux acteurs à se mobiliser pour le sauvegarder.
 


Le patron de la plus grande plateforme d'échanges de cryptomonnaies, Binance, faisait tout pour rassurer mardi: "les projets qui survivront cette période difficile seront beaucoup plus forts dans le futur", a ainsi affirmé Changpeng Zhao en réponse à des questions d'internautes sur Twitter.

Mais pour l'instant, le marché tangue. L'ensemble des cryptomonnaies est évalué à 870 milliards de dollars, selon les données de Coingecko, un site qui recense plus de 13.000 d'entre elles à travers 600 échanges.

Il y a moins de dix jours, c'était plus de 1.000 milliards de dollars, et à son plus haut il y a un an, 3.000 milliards, dont la plus grande partie se sont évaporés avec l'effondrement des cours du bitcoin (-74% sur un an), mais aussi de l'Ethereum (-73%) ou du Dogecoin (-67%).

La faillite de FTX, encore considérée début novembre comme l'une des plateformes les plus fiables, rappelle aux investisseurs l'incertitude qui règne dans le secteur.

Mais elle a aussi un effet plus direct: la compagnie doit liquider ses cryptoactifs et ses participations dans des entreprises pour rembourser ses créanciers, inondant le marché.

Et les cryptomonnaies sont déjà en convalescence d'une crise similaire au premier semestre quand la cryptomonnaie Terra avait vu son cours s'écrouler, entraînant le bitcoin dans sa chute.

Mais cette fois-ci, FTX était un acteur encore plus important.

"Il y a des parallèles à faire avec Lehman Brothers", le géant de Wall Street dont la faillite en 2008 avait amplifié la crise financière, s'inquiète Walid Koudmani, analyste chez XTB, qui confirme à l'AFP que la question d'une fin pure et simple des cryptomonnaies peut se poser.

Le plongeon des cryptomonnaies intervient toutefois dans un marché mondial en hausse, et semble indiquer que les cryptoactifs ne sont pas encore corrélés de manière significative à l'économie réelle.

"Je ne pense pas que l'industrie ou le concept" des cryptomonnaies "va cesser d'exister", tempère-t-il cependant.

Pour beaucoup d'observateurs, la survie du secteur passera par un assagissement, loin des idéaux décentralisés et dérégulés des premières heures.

Déjà, en 2017, le bitcoin avait vu son prix s'envoler avant de s'écrouler, mais après plusieurs années de vaches maigres, surnommées "crypto hiver", il était reparti de plus belle fin 2020, montant jusqu'à un record de presque 65.000 dollars début 2021.

Marion Laboure, analyste chez Deutsche Bank, estime dans une note que les déboires de FTX permettront d'assainir le secteur: "nous pensons que ce second +crypto hiver+ sera positif car la chute de FTX va pousser l'écosystème crypto à adopter des normes et une forme d'autorégulation "s'apparentant à la finance traditionnelle".

Pour l'instant, "la concentration du marché est plus forte que jamais, avec Binance comme grand gagnant", remarque-t-elle.

Reste à savoir si les principaux acteurs actuels, les plateformes d'échanges comme Binance ou Coinbase, feront partie des survivants.

Elles permettent aux utilisateurs d'acheter et de vendre des cryptoactifs, mais proposent également des produits dérivés plus ou moins complexes sur ces actifs déjà très volatils, et sont au coeur de l'écosystème.

Mais elles sont souvent basées dans des régions aux législations souples: FTX a son siège social aux Bahamas, tandis que Binance n'a pas de siège centralisé, rendant le travail des régulateurs difficile.

La faillite de FTX pousse certains utilisateurs à retirer leurs fonds car ils craignent que leur plateforme d'achat ait également utilisé leurs cryptoactifs pour investir.

"Il faut se méfier des plateformes, car ce qu'on voit, c'est l'équivalent d'une panique bancaire", prévient M. Koudmani.

Parmi les plateformes dans la tourmente, la plus importante est désormais Crypto.com, dont le patron a reconnu un transfert d'un portefeuille interne vers l'extérieur de plusieurs centaines millions de dollars, mais affirme avoir récupéré les fonds.

Binance assure pour sa part avoir les liquidités nécessaires pour faire face à la crise, et se dit prêt à en publier des "preuves", et dit ne pas prêter l'argent de ses clients à leur insu.

M. Zhao a annoncé lundi le lancement d'un fonds de recours et aussi proposé la création d'un corps d'industrie qui regrouperait les plus grands acteurs du secteur.

Mais il avait aussi affirmé qu'il allait secourir FTX en début de semaine dernière, avant d'abandonner devant l'ampleur de la tâche.

Avec AFP.

Articles qui pourraient vous intéresser

Mercredi 09 Novembre 2022

Retour sur une nuit noire pour les cryptos

Mardi 11 Octobre 2022

Moins énergivore, l'avenir de la blockchain Ethereum reste semé d'embuches

Mercredi 14 Septembre 2022

The Merge: Comment Ethereum compte faire sa révolution

Mercredi 22 Juin 2022

Usage des cryptomonnais au Maroc: un projet de loi va voir le jour

S'inscrire à la Newsletter Boursenews

* indicates required