La Bourse de Paris évoluait en territoire négatif vendredi matin, fragilisée par les incertitudes entourant la politique commerciale de Donald Trump et les mesures de rétorsion européennes attendues dans les prochaines semaines.
L’indice CAC 40 perdait 0,84% à 10h33, cédant 67,77 points à 8.026,43 points, dans un climat d’aversion au risque alimenté par la perspective de nouvelles tensions entre les États-Unis et l’Europe.
L’Europe sous pression après une phase de résistance
Jusqu’ici, les marchés européens avaient bénéficié d’un afflux de capitaux à la recherche d’alternatives à Wall Street, où la volatilité s’intensifie depuis plusieurs semaines. Le CAC 40 a ainsi progressé de 11,30 % sur les trois derniers mois, tandis que les indices de Londres (+7,40 %), Francfort (+16,00 %) et Milan (+16,15 %) ont également enregistré des gains importants.
Mais la tendance s’essouffle. Après un recul de 0,95 % jeudi, la Bourse de Paris semble désormais rattrapée par la nervosité des investisseurs face aux incertitudes économiques mondiales. “Le marché parisien n’est plus à l’abri des turbulences qui secouent les actions américaines”, observe Christopher Dembik, stratégiste chez Pictet AM.
Les banques centrales en alerte face à l’incertitude Trump
La prudence des investisseurs est renforcée par les récents avertissements des banques centrales. Jeudi, la Banque nationale suisse (BNS), la Banque d’Angleterre et la Riksbank suédoise ont exprimé leurs préoccupations face aux répercussions potentielles de la politique commerciale américaine sur la croissance et l’inflation.
Mercredi, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), avait lui aussi reconnu une “incertitude inhabituellement élevée”, révisant à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2025 tout en abaissant celles de la croissance aux États-Unis.
Dans ce contexte, tous les regards sont tournés vers le 2 avril, date à laquelle Washington prévoit d’instaurer des droits de douane dits “réciproques” sur plusieurs produits européens. L’Union européenne, de son côté, a choisi de temporiser : Bruxelles a annoncé jeudi repousser de deux semaines l’application de ses contre-mesures tarifaires sur certains produits américains, initialement prévue début avril.