La semaine avait pourtant commencé tambour battant. Lundi, le MASI s’est offert un rebond de 2,27%, puis encore 0,48% mardi, retrouvant brièvement les 18.000 points. Après la correction de 5,49% essuyée la semaine précédente, ce retour des acheteurs avait quelque chose de rassurant. La suite a été moins franche : -0,20% mercredi, -0,95% jeudi et encore -0,29% vendredi. L’indice termine finalement à 17.818,09 points, en hausse de 1,28% sur la semaine, mais toujours en retrait de 5,46% depuis janvier.
Le marché a donc repris pied sans retrouver l’élan du début de semaine. Bank Al-Maghrib n’a pas créé la surprise en maintenant mardi son taux directeur à 2,25%, un scénario déjà largement intégré. Les législatives du 23 septembre n’ont pas davantage provoqué de rupture visible dans les cours. Une fois ces deux rendez-vous passés, les investisseurs ont rapidement retrouvé leurs préoccupations des dernières semaines : le niveau des taux, le pétrole et, surtout, les résultats des entreprises.
Sur le marché obligataire, la détente attendra. BKGR anticipe encore une hausse des rendements à court terme, avec des tensions qui touchent désormais toute la courbe : le 30 ans a gagné plus de 15 points de base sur le secondaire, le 20 ans plus de 12 points et même les maturités courtes ont remonté. Pour les actions, cette concurrence du papier de taux redevient difficile à ignorer, d’autant que les besoins du Trésor restent élevés à l’approche des échéances d’octobre.
Le pétrole, lui, a offert un peu de répit vendredi. Le Brent a reculé de 2,1% à 104,32 dollars, soutenu par l’espoir d’une issue diplomatique entre Washington et Téhéran. Le niveau reste néanmoins élevé et continue de peser sur les anticipations d’inflation, les coûts de transport et les marges de plusieurs secteurs cotés.
Les publications semestrielles donnent heureusement davantage de matière au marché. SMI a plus que doublé son bénéfice à 243 MDH grâce à l’envolée du prix de l’argent, Fenie Brossette affiche une hausse de 55% de son résultat net consolidé, tandis que Boissons du Maroc voit son RNPG reculer de 8,6%. Trois publications, trois trajectoires, et une saison qui confirme que le marché de 2026 se prête moins aux paris d’ensemble qu’au choix des dossiers.
Après deux semaines particulièrement agitées, le MASI revient ainsi dans une phase moins lisible. La pression vendeuse s’est calmée, mais le rebond n’a pas encore suffisamment de profondeur pour effacer le décrochage précédent. Avec BAM et les élections désormais derrière lui, le marché va pouvoir revenir à ce qu’il sait faire de mieux : juger les entreprises sur leurs comptes, pendant que les taux continueront de fixer le niveau d’exigence.