Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse lundi à l'ouverture, même si l'incertitude entourant les négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient continue d'exercer une pression sur les cours du pétrole et des obligations au début d'une semaine riche en données macroéconomiques.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,24% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,19% pour le Dax à Francfort, de 0,14% pour le FTSE à Londres et de 0,17% pour le Stoxx 600.
La semaine commence alors que les investisseurs digèrent un nouveau revers dans les négociations entre Washington et Téhéran, le président américain, Donald Trump, ayant annoncé ce week-end qu'il rejetait la proposition de l'Iran de rouvrir le détroit d'Ormuz dans un délai de sept jours et de mettre fin aux hostilités.
Bien que le locataire de la Maison blanche ait déclaré ensuite à Axios que les négociateurs américains devaient entamer de nouvelles discussions cette semaine et que l'Iran ait réaffirmé que seule la diplomatie pouvait résoudre le conflit, les investisseurs restent méfiants face aux nombreuses incertitudes qui pèsent sur une issue favorable à court terme.
Ormuz n'est d'ailleurs pas le seul front de cette guerre qui dure depuis fin février.
La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite intervenant au Yémen a déclaré samedi avoir intercepté deux missiles et deux drones lancés par les rebelles houthis, qui ont annoncé en juillet dernier un blocus maritime des exportations pétrolières du royaume.
L'absence de progrès se traduit par une nouvelle hausse des prix du pétrole, le Brent, le contrat de référence pour le marché mondial, avançant de 2,82% à 107,26 dollars le baril lundi matin, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,87% à 94,14 dollars.
"Les produits pétroliers raffinés restent un point sensible, les prix record du diesel aux États-Unis accentuant les risques d'inflation et relançant le débat sur d'éventuelles restrictions à l'exportation", soulignent les analystes d'ANZ.
Un projet de ce genre, bien que démenti pour l'instant par Washington, réduirait l'offre en dehors des États-Unis, ce qui pourrait accentuer encore davantage la hausse des prix en Europe.
L'augmentation des exportations de pétrole et de produits raffinés en provenance du Golfe, comme le montrent les données de la société de suivi des navires Kpler, n'a pour l'instant pas eu d'incidence sur les prix.
Dans ces conditions, les investisseurs resteront très attentifs au marché obligataire, qui se tend encore davantage à chaque nouvelle hausse du prix du pétrole.
Les opérateurs anticipent déjà une politique plus restrictive de la part des banques centrales pour maîtriser l'inflation, d'autant plus qu'une série de données provenant des deux côtés de l'Atlantique laisse penser aux investisseurs qu'elles peuvent y parvenir sans freiner l'activité économique.
L'emploi américain et l'inflation aux Etats-Unis et en zone euro seront au coeur du programme de la semaine et pourraient encore influer sur les anticipations quant à l'évolution des taux.