BMCE Capital Global Research maintient sa recommandation à l’achat sur Attijariwafa bank et porte son objectif de cours à 932 DH, contre 910 DH précédemment. Dans sa note du 24 septembre, le bureau de recherche fait ressortir un potentiel d’appréciation de 34,9 % par rapport au cours de clôture de 691,1 DH du 23 septembre.
Fondée sur l’actualisation du résultat net part du groupe, cette valorisation correspond à un PER cible de 17,3 fois les bénéfices estimés pour 2026 et de 16,1 fois ceux attendus en 2027. BKGR précise que le relèvement de sa cible provient principalement de l’actualisation du facteur de pondération temporelle de son modèle. Ses hypothèses retiennent également une croissance annuelle moyenne du RNPG de 5,7 % entre 2026 et 2030, contre 5,2 % auparavant.
Le bureau de recherche juge le parcours boursier du titre en décalage avec l’évolution de ses fondamentaux. L’action affiche une baisse de 10,84 % sur douze mois selon les données de la note, alors que la banque poursuit sa croissance commerciale et améliore la qualité de son portefeuille de crédits.
Le financement de l’investissement au centre des perspectives
BKGR s’appuie notamment sur la progression des crédits à l’équipement, en hausse de 36 % à 142 milliards de dirhams au premier semestre 2026. Les financements aux entreprises augmentent de 14 % à 227 milliards de dirhams, contre une progression sectorielle de 8,2 % sur les sociétés non financières privées à fin juin, selon les comparaisons présentées dans la note.
Les analystes anticipent la poursuite de cette dynamique, portée par les infrastructures liées à la Coupe du monde, les projets d’énergies renouvelables et les industries exportatrices. Ils prévoient un encours consolidé de crédits de 481,5 milliards de dirhams à fin 2026, puis de 515,2 milliards en 2027, contre 464,3 milliards à fin juin.
La collecte constitue un autre appui. Les dépôts consolidés atteignent 553,8 milliards de dirhams au premier semestre, avec une part de ressources non rémunérées proche de 74 %. Selon BKGR, cette structure contribue à contenir le coût de refinancement et à soutenir la marge d’intérêt.
La croissance des volumes s’accompagne d’un allègement du coût du risque, en recul de 11,2 % à environ 1,2 milliard de dirhams au premier semestre. Sur base sociale, le taux de contentieux revient à 6,6 %, contre 7 % à fin 2025, tandis que le taux de couverture atteint 69,4 %.
Les charges d’exploitation progressent néanmoins plus vite que les revenus : elles augmentent de 8,4 %, contre une hausse de 4 % du produit net bancaire. Le coefficient d’exploitation ressort ainsi à 36,8 %, contre 35,3 % un an auparavant. Le RNPG semestriel s’établit à 5,94 milliards de dirhams, en légère progression de 1,1 %.
Un RNPG attendu à 11,6 milliards de dirhams en 2026
Pour l’ensemble de l’exercice, BKGR prévoit un produit net bancaire de 37,1 milliards de dirhams, en hausse de 6,3 %, et un RNPG de 11,6 milliards, en progression de 9,1 %. En 2027, ces agrégats atteindraient respectivement 39,2 milliards et 12,5 milliards de dirhams. Le bureau de recherche estime le dividende par action à 24 DH pour 2026, puis à 26 DH pour 2027.
L’international occupe une place importante dans cette projection. Au premier semestre, la banque de détail à l’international représente 33,4 % du PNB consolidé et 29,8 % du RNPG, pour 23,8 % du total du bilan. Au regard de la solidité financière du groupe, BKGR envisage une possible reprise de la croissance externe en Afrique, notamment à l’Est. Il s’agit d’une hypothèse des analystes, et non de l’annonce d’une acquisition.
Le nouveau plan « GOAL 2030 » doit également ouvrir des relais de revenus. BKGR met en avant le développement des paiements digitaux, de la finance embarquée et des métiers transactionnels, ainsi que le renforcement des synergies entre filiales. Avec 94,9 % des transactions réalisées via les canaux digitaux au premier semestre, les analystes estiment que la banque dispose d’une base permettant d’élargir les usages et les revenus associés.