Houssam Yassine, Directeur Général d’ALEQ, revient sur les mutations profondes du secteur des travaux publics au Maroc. Dans un contexte marqué par des chantiers historiques, il explique comment la maîtrise opérationnelle et la solidité financière sont devenues les nouveaux piliers de la réussite.
Boursenews : Le secteur des travaux publics au Maroc semble franchir une nouvelle étape. Quelle est votre lecture de cette évolution ?
Houssam Yassine : Nous assistons effectivement à une montée en gamme structurelle. Le Maroc ne se contente plus de construire ; il bâtit des infrastructures stratégiques avec des exigences de qualité et de gouvernance de plus en plus élevées. Cette dynamique est portée par la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste, qui place l’infrastructure au cœur de la transformation économique du Royaume.
Aujourd'hui, pour une entreprise comme ALEQ, la différenciation ne se joue plus seulement sur le prix, mais sur la maîtrise opérationnelle et la capacité à livrer des projets complexes sur la durée.
Boursenews : Justement, le Maroc multiplie les projets d'envergure. Quelles sont les priorités actuelles ?
Houssam Yassine : Le carnet de commandes national est impressionnant. Nous intervenons sur des segments clés : le ferroviaire, le portuaire, le routier ou encore l'hydraulique. Ces projets mobilisent des investissements massifs et demandent une coordination étroite entre les acteurs publics, les opérateurs et les financeurs.
Le pays prépare des échéances majeures comme la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030. Cela implique des chantiers colossaux :
Boursenews: Comment ALEQ se positionne-t-elle face à ces donneurs d'ordre de premier plan ?
Houssam Yassine : Notre stratégie est claire : nous nous positionnons sur des projets structurants aux côtés d'institutions majeures comme l'ONCF, l'OCP, l’ADM ou l'ANP. Opérer dans ces environnements complexes exige une organisation robuste et une grande discipline d'exécution. Active dans les travaux publics depuis 1999, ALEQ bénéficie aujourd’hui d’un niveau de visibilité significatif, avec un backlog supérieur à 4 milliards de dirhams, reflétant la confiance renouvelée de ses partenaires et donneurs d’ordre.
Boursenews: On parle souvent de la fragilité financière des entreprises de BTP. Quelle est votre approche ?
Houssam Yassine : La dimension financière est centrale. Dans les travaux publics, la maîtrise de la croissance est un enjeu majeur. Les cycles de paiement et les besoins en fonds de roulement exigent une gestion rigoureuse et anticipative.
Chez ALEQ, la discipline financière est au cœur de notre gouvernance. Nous anticipons nos besoins de financement pour offrir de la visibilité à nos partenaires. Pour sécuriser l'exécution, nous avons structuré nos processus internes avec des outils de reporting précis afin de réduire toute forme d'incertitude opérationnelle.
Boursenews : L'infrastructure de demain au Maroc semble aussi être une affaire de synergie. Comment ALEQ s'organise-t-elle ?
Houssam Yassine : La complexité actuelle impose d'articuler pilotage technique et maîtrise des risques. Notre organisation intègre plusieurs filiales qui interviennent de manière coordonnée sur toute la chaîne de valeur. Cela nous permet de mieux maîtriser les interfaces entre les différents corps de métier et de garantir une qualité finale irréprochable. Notre priorité reste l'action dans le temps long et le respect constant de nos engagements.
Propos recueillis par A.H