Le cours de l'or recule de plus de 7% lundi, atteignant son plus bas niveau de 2026, l'escalade du conflit au Moyen-Orient ayant ravivé les craintes inflationnistes et renforcé les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt à l'échelle mondiale.
Le métal jaune ressort à 4.180,19 dollars l'once à 07h37 GMT, son plus bas niveau depuis le 11 décembre, prolongeant ainsi ses pertes pour la cinquième séance consécutive.
La correction s’est accélérée la semaine dernière, avec un repli de plus de 10%, soit la pire performance hebdomadaire du métal jaune depuis février 1983. Depuis son pic historique de 5.594,82 dollars l’once, atteint le 29 janvier, l’or abandonne désormais plus de 20%.
Ce mouvement s’inscrit dans un environnement géopolitique sous tension, marqué par l’escalade du conflit au Moyen-Orient, qui ravive les craintes inflationnistes, notamment à travers la flambée des prix de l’énergie.
Dans ce contexte, les marchés anticipent un maintien, voire un durcissement des politiques monétaires des grandes banques centrales. Les investisseurs intègrent notamment la possibilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale d’ici la fin de l’année.
La BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon ont, de leur côté, maintenu leurs taux inchangés récemment, tout en signalant leur vigilance face aux pressions inflationnistes.
Le statut de valeur refuge mis à l’épreuve
Traditionnel actif refuge en période d’incertitude, l’or pâtit cette fois-ci de la remontée des taux anticipés, qui renchérit le coût d’opportunité de sa détention.
Parallèlement, certaines économies seraient contraintes d’ajuster leurs liquidités, notamment via des ventes d’or, pour faire face aux conséquences économiques du conflit.
Sur le front géopolitique, les tensions restent vives. Les menaces autour du détroit d’Ormuz et des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient continuent d’alimenter la volatilité sur les marchés, renforçant les incertitudes sur l’évolution de l’inflation mondiale.
Dans ce contexte, le métal jaune évolue à contre-courant de son rôle traditionnel, pénalisé par la revalorisation des anticipations de taux.