Samedi 28 Mars 2015

Groupe BCP : La banque du cheval prend son "Elan"

Groupe BCP : La banque du cheval prend son "Elan"

Très bon comportement des principaux indicateurs au terme de l’exercice 2014. L’objectif est désormais de doubler les agrégats d’activité et de résultats à l’horizon 2020. Une ambition portée par le plan stratégique «Elan 2020».

 

une Année riche en évè-nements pour le Groupe Banque Populaire : sortie de l’Etat du capital de la BCP au profit des BPR, montée dans le capital du Groupe ABI (de 50 à 65%), création d’Atlan-tic Microfinance for Africa et création de la société mutuelle d’assurances Attaamine Chaabi sont, entre autres, les principaux faits qui ont mar-qué 2014. Un exercice qui a vu aussi la banque poursuivre sa dynamique commerciale à travers notamment l’ouverture de 76 nouvelles agences, soit 473 créées depuis 2010, por-tant le nombre total d’agences à 1.326. Une approche payante qui lui permet de consolider son rang de «pre-mier collecteur d’épargne au Maroc», avec des dépôts clientèle en hausse de 9,5% à 229,9 Mds de DH, soit 26,9% de parts de marché (+7 pb). L’optimisation des ressources s’est par ailleurs poursui-vie, d’autant que la part des ressources non rémunérées s’établit désormais à 64,4% (en amélioration de 187 pb) contre 52,8% pour les autres banques de la place. La BCP aura été particuliè-rement active sur le marché national, avec des dépôts locaux en hausse de 7,9% à 127 Mds de DH pour une part de marché de 20,7%, non sans renforcer son position-nement sur le segment des Marocains du monde : les dépôts se sont établis à 79,2 Mds de DH, soit +3,4%, pour une part de marché portée à 51,3%. Parallèlement, les créances sur la clientèle dépassent, pour la première fois, la barre des 200 Mds de DH pour s’établir à 206,1 Mds de DH, soit une appréciation de 3,1% et une part de marché de 24,6% (+29 points de base). Au Maroc, les concours à l’économie ont atteint 188,3 Mds de DH, en progression de 3,5%.

 

Des agrégats finan-ciers solides

Tous les agrégats du groupe ont connu une évolution. Le produit net bancaire consolidé enregistre une progression de 12% à 14,7 Mds de DH, porté, entre autres, par une forte augmentation de 45,4% (2,4 Mds de DH) du résultat des activités de marché et par la bonne contribution des filiales subsahariennes. La marge d’intérêts, en hausse de 6,8% à 10 Mds de DH, représente pour autant l’essentiel du PNB (67,9%). Sur une base sociale, le PNB de la BCP gagne 23% à 5,2 Mds de DH. Grâce à la bonne tenue du PNB consolidé et à l’améliora-tion du coefficient d’exploita-tion (46,6%, soit +270 points de base), le résultat brut d’ex-ploitation se bonifie de 17,8% à 7,9 Mds de DH. Pour sa part, le résultat net part du groupe BCP augmente de 12,5% à 2,2 Mds de DH. Quant au résultat net conso-lidé, il progresse de 1,6% à 3,3 Mds de DH, malgré un taux de couverture des créances en souffrance par les provisions qui a été porté, d’un exercice à l’autre, de 71 à 75%. «En intégrant les provisions pour risques géné-raux, le taux de couverture dépasse les 100%», précise Mohamed Benchaâboun, PDG du Groupe BCP, qui explique que, «depuis 2009, la banque a mis en place un matelas de provisionnement pour faire face aux conséquences de la crise internationale de 2008». Ainsi, de 500 MDH en 2009, l’encours des provisions pour risques généraux est passé à 2,3 Mds de DH, dont un addi-tionnel de 205 MDH mobilisé en 2014. Cette démarche est d’au-tant plus appropriée que la conjoncture actuelle l'exige : le rythme de financement des investissements par le sys-tème bancaire s’essouffle et le coût du risque est en constante hausse ces trois dernières années : au niveau du groupe BCP, il est passé de 1,98 à 3 Mds de DH entre 2013 et 2014. «Toute banque doit avoir une politique de gestion des risques qui tient compte de ces éléments», fait remarquer Benchaâboun. A noter que les créances en souffrance du secteur ban-caire ont augmenté de 19,2% à 52,9 Mds de DH à fin 2014, soit un taux de 6,9% contre 5,9% à fin 2013. En social, le résultat net de la BCP ressort à 1,7 Md de DH, en progression de 2% (+28% hors provisions pour risques généraux). Avec 943 MDH, la contribu-tion des filiales au résultat net consolidé du Groupe a aug-menté de 73,3%. Les banques à l’international y ont contri-bué à hauteur de 439 MDH. En cela, le Groupe Banque Atlantique poursuit sa dyna-mique de croissance avec un PNB en hausse de 26% à 2,1 Mds de DH et un coefficient d’exploitation qui s’améliore, passant de 67,2 à 60,9% entre 2013 et 2014. «Notre objectif est de baisser le coef-ficient d’exploitation de 4 à 5 points l’année prochaine, pour le fixer à 50% d’ici 5 ans», souligne Benchaâboun. Pour ce qui est de l’assise financière du Groupe, elle continue à se consolider, le total bilan augmentant de 6,7% à 309,6 Mds de DH, avec des fonds propres consolidés de 34,7 Mds de DH (+0,7%). Le ratio de solva-bilité s’établit à 12,6%, alors que le ratio Tier one s’affiche à 11,4% Vs 9% exigés par Bank Al-Maghrib.

 

Perspectives

Le Groupe BCP veut réali-ser des performances autre-ment plus importantes ces prochaines années, à travers un plan stratégique ambi-tieux baptisé «Elan 2020». Concrètement, il compte dou-bler ses indicateurs d’activité et de résultats d’ici 2020. Pour ce faire, la banque va s’appuyer sur trois piliers fon-damentaux : il y a d’abord le financement et l’accom-pagnement de la PME, son activité historique où son expertise est reconnue. Le second pilier est constitué de la banque de financement et d’investissement qui a repré-senté un important relais de croissance ces 10 dernières années. Enfin, concernant le dernier pilier, il s’agira, pour les prochaines années, de développer les activités à l’international, notamment en Afrique. Sur ce point, la BCP a d’ores et déjà donné le ton en montant, comme rappelé plus haut, dans le capital du Groupe ABI. «L’objectif est de détenir 70% du capital d’ici 1 à 2 ans», commente Benchaâboun. 

 

Rapport annuel 2014 : Déjà ?! 

Le Groupe Banque Populaire a déjà publié son rapport annuel. C’est assez exceptionnel pour être relevé quand on sait que la plupart des rapports annuels des sociétés cotées com-mencent à tomber au plus tôt en juin. Une prouesse qui est néan-moins synonyme de contrainte : l’on s’attend logiquement à ce que les prochains rapports annuels soient publiés à la même période. A bon entendeur (sic !)...

 

 

Source : Finances News Hebdo 

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