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Le FMI met en garde la Tunisie contre un déficit budgétaire de plus de 9% du PIB

Lundi 25 Janvier 2021 - PAR

Le Fonds Monétaire International (FMI) a mis en garde lundi la Tunisie contre un déficit budgétaire de plus de 9% du PIB.



Les autorités tunisiennes sont appelées à prioriser les dépenses de santé et de protection sociale, tout en contrôlant la masse salariale, les subventions énergétiques mal ciblées et les transferts aux entreprises publiques, faute de quoi, le pays pourrait accuser un déficit budgétaire de plus de 9% du PIB, souligne un communiqué publié à l'issue d’une mission à distance menée, du 9 au 18 décembre et du 4 au 13 janvier 2021, par une équipe du FMI, dans le cadre de la consultation de 2020 au titre de l'article IV avec la Tunisie.

Selon les estimations du Fonds, le déficit budgétaire s'est creusé en 2020, pour atteindre 11,5 % du PIB, notamment en raison de la baisse des recettes, d'une masse salariale plus élevée et des transferts supplémentaires aux entreprises publiques.

D’après cette mission, conduite par Chris Geiregat, le FMI et les autorités tunisiennes ont convenu que le pays est actuellement confronté au double défi de sauver des vies et d’assurer les moyens de subsistance pour la population, jusqu’au fléchissement de la pandémie du Covid-19.

La même source souligne qu’alors que les effets de cette pandémie commencent à diminuer, les services du FMI s'attendent à ce que la croissance du PIB rebondisse à 3,8% en 2021, mettant en garde contre les risques d’une baisse considérable autour de cette projection de base, compte tenu de l'incertitude quant à la durée et l'intensité de la pandémie et de la vaccination.

Pour l’institution internationale, il est nécessaire pour la Tunisie d’engager un plan de réforme "crédible" pour réduire la dette publique.

Outre les défis liés à la pandémie, le FMI juge "impératif" de réduire les déséquilibres budgétaires et extérieurs et d’engager un plan de réforme "crédible" et "clair" pour régler la question de la dette publique.

Ce plan doit bénéficier d’un large consensus, insiste Chris Geiregat, qui estime qu’un tel "pacte social" est de nature à couvrir la masse salariale de la fonction publique, "actuellement parmi les plus élevées au monde".

D’après le FMI, ce pacte pourrait apporter une réponse au rôle des entreprises publiques dans l'économie, faciliter la mise en œuvre des réformes de lutte contre la corruption et d’amélioration du climat des affaires, instaurer une équité fiscale et lutter contre le secteur informel.

Les services du FMI ont, en outre, recommandé l’adoption par les autorités tunisiennes d’un plan de réforme à moyen terme qui permet de classer les entreprises publiques selon leur viabilité financière, leur importance stratégique et la nature de leurs activités, outre le renforcement de leur gouvernance et l’amélioration de leur transparence.

Sur un autre volet, le Fonds a exhorté le gouvernement tunisien à éviter de recourir au financement interne, car il risque d'annuler les gains réalisés en termes de réduction de l'inflation, d’affaiblir le taux de change et les réserves en devises internationales et miner la stabilité financière.

"La politique monétaire devrait continuer à se concentrer sur l'inflation en orientant les taux directeurs, tout en préservant une flexibilité bilatérale du taux de change", souligne Chris Geiregat, appelant la Banque Centrale de Tunisie (BCT) à surveiller de près le secteur financier, face à la pandémie dont les impacts n’ont pas été observés.

Dernièrement, le ministre tunisien de l'Economie, des Finances et d'Appui à l'investissement Ali Kooli avait annoncé que le gouvernement tunisien prévoit, durant l'exercice 2021, de réviser le système de compensation et de se pencher sur l'allègement de la masse salariale et la restructuration des entreprises publiques.

"Il est temps de restructurer les entreprises publiques et de traiter ce dossier avec rigueur ", a déclaré le responsable, affirmant que son ministère est en train de réfléchir sur les mesures à même d'alléger la masse salariale.

Evoquant aussi l'endettement, Kooli a fait savoir que le gouvernement se trouve dans l'obligation d'emprunter un montant de 16 milliards de dinars (environ 4,88 milliards d’euros) et qu'il est en train de mobiliser ce montant à travers le recours aux marchés intérieur et extérieur.

 

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