Les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes visant des infrastructures et des objectifs militaires samedi, alors que leur affrontement autour du détroit d’Ormuz s’est intensifié.
La région connaît depuis plusieurs jours une succession de frappes et de contre-frappes dans un conflit désormais largement centré sur le contrôle du détroit. L’effondrement d’un cessez-le-feu intérimaire ne laisse entrevoir aucune issue claire à cette guerre que les États-Unis et Israël ont lancée il y a plus de quatre mois.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué tôt samedi que sa septième nuit consécutive de frappes avait visé des « sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des capacités maritimes ».
Le Koweït a annoncé samedi avoir intercepté des missiles et des drones iraniens et qu’une usine de dessalement avait été touchée, provoquant un incendie. Il s’agit de la deuxième attaque en deux jours contre des infrastructures de dessalement dans ce petit État désertique, qui dépend du dessalement pour 90 % de son approvisionnement en eau potable.
L’Irak a déclaré avoir abattu des drones d’attaque au-dessus de la ville d’Erbil. L’agence de presse officielle jordanienne Petra a indiqué que les systèmes de défense aérienne du royaume avaient intercepté des missiles iraniens, tandis que des sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises à Bahreïn, selon les autorités.
Les responsables iraniens affirment que les récentes frappes américaines ont fait des dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés en Iran. L’armée américaine a également reconnu que plusieurs militaires supplémentaires avaient été blessés.
L’Iran a effectivement fermé le détroit d’Ormuz au trafic maritime après le début de la guerre, le 28 février. Cette décision a fait bondir les prix du pétrole et a donné à Téhéran un levier important dans les négociations. Vendredi, le baril de pétrole a dépassé les 86 dollars, proche de son plus haut niveau en un mois, alors que le nombre de navires franchissant le détroit est tombé à son plus bas niveau depuis trois semaines, selon un service international de suivi du trafic maritime.
Dans une allocution adressée jeudi soir aux Américains, Donald Trump a assuré que la guerre évoluait favorablement.
« Nous sommes également en train de remporter une grande victoire en Iran, et vous verrez très, très bientôt les fruits de ce travail », a-t-il déclaré.
Avant le début du conflit, Washington était engagé dans des discussions avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien. Donald Trump est désormais confronté à une pression politique croissante pour mettre fin à la guerre et éviter un conflit prolongé au Moyen-Orient, un scénario contre lequel il avait pourtant fait campagne.
Des frappes aériennes américaines ont visé une centrale électrique ainsi qu’une usine de dessalement dans la province méridionale iranienne d’Hormozgan, a rapporté la télévision d’État iranienne. Les attaques ont frappé Bonji, un village situé sur la côte iranienne du détroit d’Ormuz.
La veille, les médias d’État iraniens avaient indiqué que les États-Unis avaient frappé des autoroutes et des ponts ferroviaires, apparemment dans le but de couper Bandar Abbas, principal port iranien, des axes routiers reliant le centre du pays jusqu’à Téhéran.
L’Iran a reconnu pour la première fois vendredi des « attaques contre les infrastructures électriques » au cours de la campagne de frappes américaines, lorsque son ministère de l’Énergie a appelé les habitants des provinces du sud, confrontées à « une chaleur extrême », à réduire leur consommation d’électricité. Le ministère n’a toutefois pas précisé quelles installations avaient été touchées.
Les autorités iraniennes affirment qu’au moins 46 personnes ont été tuées et plus de 400 blessées lors des récentes frappes américaines, dont huit victimes dans une attaque contre un pont vendredi.
De leur côté, les responsables américains ont reconnu que 13 militaires supplémentaires — dix soldats de l’armée de terre et trois marins de l’US Navy — avaient été blessés depuis lundi, sans fournir davantage de précisions. Depuis le début de la guerre, 14 militaires américains ont été tués et 427 autres blessés.
L’Iran affirme que le détroit doit être placé sous son contrôle exclusif et que les navires qui l’empruntent devraient verser des droits de passage à Téhéran, alors que la communauté internationale considère depuis des décennies cette voie maritime comme des eaux internationales.
Ces derniers jours, Donald Trump a réitéré ses menaces de viser les centrales électriques et les ponts iraniens afin de contraindre Téhéran à desserrer son emprise sur le détroit, par lequel transitait en période de paix près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel. Les États-Unis ont également rétabli un blocus naval des ports iraniens afin de stopper les exportations de pétrole brut du pays.
Selon MarineTraffic.com, le nombre de navires traversant le détroit est tombé jeudi à seulement huit, son plus faible niveau depuis trois semaines.
Une part croissante des exportations énergétiques de la région est désormais acheminée par oléoducs et gazoducs, mais ces infrastructures restent loin de compenser la baisse du trafic maritime dans le détroit.
Avec AFP