Jeudi 06 Juillet 2017

Economie : Les constats du HCP

Economie : Les constats du HCP

Le Haut Commissariat au Plan a organisé, ce mercredi 5 juillet, à Casablanca, une conférence de presse au cours de laquelle Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, a analysé la situation macro-économique nationale en 2017 et les perspectives de son évolution en 2018.

D’un contexte international invitant plutôt à l’optimisme, notre économie nationale devrait améliorer ses performances et continuer à subir l’effet de ses déficits structurels, a déclaré Lahlimi. Dans ce contexte, elle bénéficierait d’une demande extérieure en hausse de 4% en 2017 et 2018 et participerait, avec une progression de 4% de cette cartographie favorable de la croissance mondiale.


Une plus grande contribution du secteur agricole au PIB

Profitant d’une répartition relativement favorable dans le temps et l’espace de la pluviométrie, d’une disponibilité coordonnée des facteurs de production et d’une bonne gestion de leur utilisation, le secteur agricole devrait contribuer à porter la valeur ajoutée du secteur primaire à 13,9% en 2017, après une baisse de 11,3% en 2016 et sa contribution au PIB à 1,7 point, au lieu d’une contribution négative de 1,4 point, une année auparavant.


Les activités non agricoles, en revanche, devraient continuer à s’inscrire dans leur sentier de faible croissance avec 2,5%, après 2,2% en 2016, loin du rythme moyen de 4% connu durant la période 2008-2011. Leur contribution à la croissance économique globale serait de 1,9 point en 2017, au lieu d’une moyenne annuelle de 2,8 points au cours des 10 dernières années.

Avec une part du secondaire restée pratiquement stable à 35% de la valeur ajoutée non agricole, dénotant leur faible diversification, les activités non agricoles constituent le véritable talon d’Achille de l’économie nationale, a déclaré Lahlimi. En attendant que les investissements dans les infrastructures économiques et sociales et les réformes de structure donnent leur plein effet, en termes d’attractivité vers les secteurs productifs des capitaux privés, en particulier nationaux, et contribuent, ainsi, à apporter cette nécessaire diversification des activités non agricoles et la non moins nécessaire augmentation de leur compétitivité, le niveau de croissance de l’économie nationale continuerait à rester dépendant de la pluviométrie tournant autour de 2% en cas de mauvaises années agricoles, et de 4%, dans les cas contraires.


La demande restera le moteur de croissance de l'économie 


Malgré une activité économique sous contrainte des fluctuations climatiques, la consommation privée devrait, comme l’indique le Budget Economique, progresser, après 3,4% en 2016, de 3,7% en 2017 et 3,2% en 2018, contribuant respectivement par 2,1 points et 1,8 point à la croissance économique globale. Le faible niveau de diversification et de compétitivité de l’offre nationale se retrouve au cœur des fragilités de la demande laquelle continuerait à être le moteur de la croissance économique nationale. Il continuerait à réduire par ses effets les opportunités d’emploi et de revenu, accentuerait la dépendance de la demande intérieure des importations et constituerait, en définitive, l’une des sources dont s’alimentent les équilibres intérieurs et extérieurs de notre pays et l’un des facteurs à l’origine de la persistance de ses déficits sociaux.

La consommation des ménages serait restée, depuis 2008, quel que fût le niveau de croissance économique, dans le sentier des 4% en moyenne annuelle. "Cette amélioration de la consommation conforte les résultats de toutes les enquêtes qui révèlent une baisse au Maroc de toutes les formes de pauvreté, au cours de cette période", avance le HCP. Il n’en reste pas moins, cependant, que ces mêmes enquêtes relèvent, d’une manière récurrente, la perception par les citoyens d’une prévalence de la pauvreté dans leur milieu. 

Lahlimi a également évoqué un "stress social inhérent aux phases de transition", qui s’accroit avec les mutations des modèles de consommation où émergent de nouveaux besoins dont la satisfaction a tendance à être plus onéreuse sans commune avec le niveau des revenus disponibles. C’est le cas, à titre d’exemple, des besoins dans les domaines de la communication, des transports, de l’enseignement et des loisirs qui font l’objet d’une forte demande de la part, en particulier, des jeunes et que les revenus disponibles ne permettent pas de satisfaire dans le contexte d’une économie qui ne crée pas suffisamment de valeur ajoutée et où les fruits de celle qui est créée sont inégalement répartis.

HCP

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