Jeudi 02 Juillet 2026

Bourse de Casablanca : Après la pause, cap sur un nouveau cycle de croissance (BMCE Capital)

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La Bourse de Casablanca aborde une nouvelle séquence. Après trois années de forte progression du MASI, BMCE Capital Global Research estime que le marché actions marocain reste porté par des fondamentaux solides, malgré une phase de respiration observée en 2026.

Intervenant lors de la 7ème édition des « Résultats et perspectives des sociétés cotées », organisée au siège de la Bourse de Casablanca, Khadija El Moussily, responsable Equity Research chez BMCE Capital Global Research, a présenté une lecture constructive du marché actions, estimant que la place casablancaise se trouve « à l’aube d’une nouvelle phase de croissance ».

Cette conviction repose d’abord sur un environnement macroéconomique jugé porteur. Le Maroc combine, selon BMCE Capital, une croissance en accélération, une inflation contenue et une politique monétaire stable. La croissance économique est attendue à 5,2% en 2026, soutenue par la reprise agricole, la demande intérieure et l’investissement.

Pour BMCE Capital Global Research, la correction observée en 2026 intervient après un cycle haussier exceptionnel. Le MASI a progressé de 12,8% en 2023, de 22,2% en 2024 puis de 27,6% en 2025, soit un parcours cumulé de plus de 60% en trois ans. La respiration actuelle n’est donc pas une surprise, même si son intensité a été amplifiée par les tensions géopolitiques et la remontée de l’aversion au risque.

Le bureau de recherche souligne surtout que la progression du marché reste adossée à une amélioration des bénéfices. La capacité bénéficiaire des sociétés cotées est passée de 28,6 milliards de dirhams en 2021 à 50,9 milliards en 2025, traduisant une dynamique portée par les fondamentaux et non uniquement par l’effet de revalorisation.

Scope 40 : Une croissance durable des bénéfices à horizon 2027

Pour son Scope 40, qui regroupe les principales valeurs suivies par BMCE Capital Global Research, le chiffre d’affaires devrait progresser de près de 13,6% en 2026, à 352,2 milliards de dirhams, avant de poursuivre sa hausse à 376,6 milliards en 2027. Cette croissance serait portée par l’ensemble des branches d’activité, avec une hausse attendue de 16% des revenus pour les industries, 6,3% pour les financières et 15% pour les assurances.

Sur le plan opérationnel, le résultat d’exploitation est attendu en progression de 6% en 2026, à 95,9 milliards de dirhams, puis à 103,6 milliards en 2027. La capacité bénéficiaire devrait, pour sa part, augmenter de près de 10% en 2026, à 49,7 milliards de dirhams, avant d’atteindre 53,4 milliards en 2027. Retraitée de l’effet de non-récurrence lié à la rétrocession exceptionnelle relative à Maroc Telecom, la croissance du RNPG ressortirait à environ 13% en 2026.

Dans le détail, la croissance bénéficiaire devrait être tirée principalement par les mines, les banques et les assurances. Les mines profiteraient de l’effet année pleine des projets structurants, d’un environnement favorable sur les métaux précieux et de gains non récurrents liés à certaines cessions d’actifs. Les banques bénéficieraient de la bonne tenue du PNB, de la maîtrise des charges et de la normalisation progressive du coût du risque.

Du côté sectoriel, les industries devraient enregistrer une hausse de leurs revenus de 16% en 2026, à 246,2 milliards de dirhams. Le RNPG du secteur est attendu en progression de 7,7%, à 27,7 milliards de dirhams, avec une croissance qui ressortirait à 13,5% hors impact Maroc Telecom. La dynamique devrait se poursuivre en 2027, avec des revenus attendus à 264,4 milliards de dirhams et un RNPG de 29,6 milliards de dirhams, toujours soutenus par les mines, les infrastructures et les grands chantiers d’investissement.

Les financières devraient également jouer un rôle central dans ce nouveau cycle. BMCE Capital anticipe une hausse de 6,3% du PNB en 2026, à 80,5 milliards de dirhams, tirée essentiellement par le core banking, ainsi qu’une progression du résultat brut d’exploitation de 7,4%, à 47 milliards de dirhams. La capacité bénéficiaire du secteur est attendue en croissance de 10,7%, à 19,7 milliards de dirhams, portée par la croissance du PNB, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et la normalisation du risque. En 2027, cette trajectoire devrait se prolonger, avec un PNB attendu à 84,8 milliards de dirhams et un RNPG de 21,2 milliards de dirhams.

Pour les assurances, l’année 2026 sera marquée par l’effet périmètre lié à la fusion-absorption d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc. Les primes acquises nettes sont attendues en hausse de 15,1%, à 25,5 milliards de dirhams, tandis que la capacité bénéficiaire du secteur devrait progresser de 28,5%, à 2,4 milliards de dirhams, soutenue par l’activité commerciale et l’amélioration attendue des indicateurs techniques. La tendance resterait favorable en 2027, avec des primes attendues à 27,4 milliards de dirhams et un RNPG de 2,6 milliards de dirhams, dans un contexte de poursuite de l’amélioration de la sinistralité et de montée en puissance des synergies post-fusion.

Ce qui pourrait soutenir la cote casablancaise en 2026

Au-delà des prévisions financières, BMCE Capital identifie plusieurs catalyseurs pour le marché boursier marocain en 2026. Le premier tient au contexte macroéconomique, avec une croissance en accélération, une inflation contenue et le relèvement de la notation souveraine à la catégorie Investment Grade.

Le deuxième repose sur la capacité du marché à générer de la croissance fondamentale. La capitalisation boursière dépasse désormais les 1.028 milliards de dirhams, traduisant un approfondissement de la place et une montée en puissance du marché.

La liquidité constitue également un point d’appui, avec une amélioration de la valeur échangée et une part prépondérante du marché central dans les volumes. 

À cela s’ajoute la dynamique attendue des IPO, après des introductions largement souscrites en 2024-2025, ainsi que le cycle d’investissement lié aux grands chantiers d’infrastructures, notamment ceux associés à la Coupe du Monde 2030.

Pour BMCE Capital, les champions cotés sont bien positionnés pour capter cette dynamique, en particulier dans les secteurs bancaire, de la construction, du ciment, des matériaux et des services. Reste que le scénario demeure exposé à plusieurs risques, en particulier la vulnérabilité climatique, les tensions géopolitiques, la fermeture éventuelle du détroit d’Ormuz et une flambée des cours pétroliers.

 

Nissrine El Marini

 

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