À l’issue de sa réunion de mars, Bank Al-Maghrib anticipe une nette accélération de la croissance économique à 5,6% en 2026, après 4,8% en 2025, portée notamment par une campagne agricole exceptionnelle. L’inflation resterait contenue autour de 0,8%, avant une remontée graduelle, tandis que les finances publiques poursuivraient leur consolidation avec un déficit attendu à 3,5% du PIB en 2026 puis 3,4% en 2027.
Au niveau national, les conditions climatiques très favorables ayant prévalu cette année devraient se traduire par une nette hausse de la production agricole. La récolte des trois principales céréales atteindrait, selon les estimations de Bank Al-Maghrib basées sur une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares, 82 millions de quintaux. Dans ces conditions, Bank Al-Maghrib table, après une progression qui aurait atteint 5% en 2025, sur un rebond de la valeur ajoutée agricole de 14,4% en 2026, suivi d’un recul de 5,3% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne. En regard, à la faveur notamment de la dynamique de l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales, la croissance des activités non agricoles resterait robuste, 3 oscillant autour de 4,5%. Au total, la croissance de l’économie nationale aurait connu une nette amélioration à 4,8% en 2025 et devrait se situer à 5,6% en 2026, avant de ralentir à 3,5% en 2027.
S’agissant de l’inflation, elle a évolué à des niveaux bas, en lien avec l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et le repli des prix des carburants. A moyen terme, elle devrait, après la dissipation de ces effets et avec la hausse des cours du pétrole prévue dans le scénario central, s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Ainsi, elle ressortirait quasi stable d’une année à l’autre à 0,8% en 2026, puis atteindrait 1,4% en 2027.
Au plan des finances publiques, l’année 2025 a connu une augmentation de 15,3% des recettes ordinaires portées par une hausse sensible des rentrées fiscales. En regard, les dépenses globales se sont alourdies de 11,8% reflétant l’accroissement de celles au titre des biens et services. Compte tenu de ces réalisations, des données de la Loi de Finances 2026 et de la programmation budgétaire triennale 2026-2028, le déficit budgétaire, hors produit de cession des participations de l’Etat, devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, poursuivre sa trajectoire baissière, revenant de 3,6% du PIB en 2025 à 3,5% cette année puis à 3,4% en 2027.
Notons enfin que pour BAM, cette guerre ne serait pas sans conséquence au niveau national à travers notamment les canaux des comptes extérieurs et en particulier les cours de l’énergie. Selon les évaluations préliminaires de Bank Al-Maghrib, l’impact serait relativement contenu dans le scénario retenu d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire.