Jeudi 14 Mai 2015

«Une information mal relayée est systématiquement mal analysée»

«Une information mal relayée est systématiquement mal analysée»

Tribue de Fadwa Housni, Directeur général de BMCE Capital Research



Clé de voute des marchés financiers et de leur développement, l’information financière ne se limite plus aujourd’hui à une série d’indicateurs comptables, mais englobe les agrégats et éléments extrafinanciers, sociaux, environnementaux, stratégiques pour ne citer que ces derniers. La mondialisation financière et l’essor des marchés financiers ont fait évoluer les attentes des différents intervenants : analystes, investisseurs, partenaires, actionnaires, agences de notation et régulateurs.

Donc, face à une demande de plus en plus complexe, à des sources de diffusions beaucoup plus élargies, et pour permettre aux différentes parties prenantes d’en extraire la quintessence, cette information doit respecter un certain nombre de critères de base : être exacte, régulière, précise, sincère et transmise au marché de manière égalitaire. Cette information financière comprend une part imposée par la réglementation, que la société soit cotée ou non. Mais cette information réglementaire publiée à fréquence semestrielle est aujourd’hui le strict minimum requis, car les exigences du marché ont évolué, notamment vis-à-vis des sociétés faisant appel public à l’épargne. 

 
Si l’Autorité du marché exige en sus des informations qualitatives sur l’activité et les perspectives des sociétés, il n’en reste pas moins que les investisseurs, notamment institutionnels, sont à la recherche d’informations plus pertinentes sur les perspectives, la stratégie future mise en œuvre avec, à l’évidence, un suivi des réalisations par rapport aux estimations transmises. Sans cela, ces derniers ne manifestent aucun intérêt à la valeur, et son évolution boursière reste plate.

La fréquence de cette information financière est aussi un élément à prendre en compte. Très peu d’émetteurs sur notre marché publient trimestriellement, et pourtant il est difficile, aujourd’hui, pour des investisseurs, de se faire une idée sur une valeur qui ne publie que semestriellement, dans un environnement ultra connecté où la vitesse de circulation de l’information reste très importante. La non-information du marché peut avoir - et nous l’avons vécu - un impact désastreux sur la vie boursière d’une valeur et sur le marché, de manière plus générale : une information mal relayée est systématiquement mal analysée.

J’aime à penser que sur notre marché, les émetteurs n’informent pas, par manque d’accompagnement, et non volontairement. Si des structures importantes peuvent avoir en leur sein des «Investor Relations», des personnes régissant les relations entre l’émetteur et les marchés financiers, toutes ne peuvent pas se permettre un tel coût. 

Mais il existe d’autres possibilités de se faire accompagner, et je pense particulièrement à une externalisation de cette fonction auprès de structures spécialisées qui pourraient aussi bien transmettre à l’émetteur les réelles attentes du marché, mais également lui permettre de mieux valoriser son entreprise à travers l’accompagnement dans la communication d’une information financière juste, utile et pertinente.
 

Tribue de Fadwa Housni, Directeur général de BMCE Capital Research

Finances News Hebdo

 

 

 

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