Vendredi 23 Octobre 2026

PLF 2027: Baisse de l’IR, retraites, produits de base... les annonces de Lekjaa pour le pouvoir d’achat

info bourse actualite marches financiers boursier analyse technique graphique

Présenté jeudi au Parlement par Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, le projet de loi de finances 2027 prévoit plusieurs mesures de soutien aux revenus. La réforme de l’impôt sur le revenu, la revalorisation des petites pensions et la prise en charge des factures d’électricité les plus faibles figurent parmi les principales annonces.

Le gouvernement entend agir à la fois sur les revenus des ménages et sur certaines de leurs dépenses courantes. Devant le Parlement, Fouzi Lekjaa a présenté une série de mesures dont les premières doivent entrer en vigueur dès janvier 2027, avec des engagements étalés sur la législature pour la fiscalité des salaires, les retraites et les aides sociales.

L’impôt sur le revenu constitue l’un des principaux chantiers annoncés. Une révision progressive du barème est prévue entre 2027 et 2031, avec pour objectifs d’alléger la charge fiscale des salariés et de la classe moyenne, tout en encourageant l’emploi déclaré. La trajectoire présentée comprend un relèvement du seuil annuel de revenu net exonéré de 40.000 à 60.000 DH, une réduction du nombre de tranches imposables de cinq à trois et l’application de taux de 10%, 20% et 30%. Le taux marginal supérieur serait ainsi ramené de 37% à 30%.

Pour la première étape, Fouzi Lekjaa a annoncé une exonération des salaires mensuels nets inférieurs à 10.000 DH à compter du 1er janvier 2027. Selon les chiffres avancés lors de son intervention, la proportion de salariés exonérés atteindrait 87%, tandis que le gain mensuel serait d’environ 500 DH pour la majorité des salariés concernés par la réforme. Son coût budgétaire est estimé à 5,5 milliards de DH pour l’année 2027.

Les retraités sont également concernés par plusieurs annonces. Le minimum de pension serait porté à 1.700 DH dès janvier prochain, au bénéfice de 500.000 personnes, dont plus de 150.000 veuves. L’objectif affiché est de relever ce plancher à 3.000 DH à la fin de la législature. Parallèlement, la part de la pension reversée aux veuves passerait de 50% à 100%, une mesure qui concernerait 431.000 bénéficiaires, selon le ministre.

Sur les dépenses courantes, l’État prévoit de prendre en charge les factures mensuelles d’électricité inférieures ou égales à 100 DH. Le dispositif viserait six millions de clients, soit environ 60% de la clientèle, pour un coût annuel annoncé de 2,8 milliards de DH. Fouzi Lekjaa a précisé que cette prise en charge bénéficierait aussi à certaines petites activités artisanales à faible consommation, notamment en milieu rural. Son entrée en vigueur est également prévue au 1er janvier 2027.

Le minimum de l’aide sociale directe serait, pour sa part, relevé de 500 à 600 DH par mois dans un premier temps, avant une augmentation progressive jusqu’à 1.000 DH. La première revalorisation mobiliserait trois milliards de DH supplémentaires. Le ministre a également indiqué que l’exercice d’une activité professionnelle par un membre du ménage ne devait pas, à lui seul, entraîner la perte de cette aide.

L’action sur le pouvoir d’achat comprend aussi une intervention sur les circuits de commercialisation des produits de base. Une enveloppe d’un milliard de DH serait consacrée à la modernisation des circuits de distribution et des marchés de gros, ainsi qu’à la création de six sociétés régionales d’agrégation et de commercialisation dans les grands bassins agricoles. Une réforme des circuits de la viande et du poisson est également annoncée. À travers ces mesures, l’exécutif entend réduire les coûts d’intermédiation et ramener les prix à des niveaux jugés plus raisonnables.

Ces engagements interviennent dans un contexte de progression des recettes fiscales. Selon les données présentées au Parlement, celles-ci ont atteint 288,3 milliards de DH à fin septembre 2026, en hausse de 30,2 milliards, soit 11,7% sur un an. Pour l’exercice 2026, le ministre prévoit un déficit budgétaire ramené à 3% du PIB et un ratio d’endettement stabilisé à 67,5%.

Articles qui pourraient vous intéresser

Mercredi 17 Decembre 2025

Le Maroc et la KfW signent trois accords de financement pour 450 millions d’euros

Mardi 28 Janvier 2025

Faouzi Lekjaa: «La Bourse ne se résume pas à une question de fiscalité»

Jeudi 23 Janvier 2025

Coupe du monde 2030: les enjeux économiques et stratégiques décryptés par Faouzi Lekjaa

Mercredi 15 Janvier 2025

Amnistie fiscale: Lekjaa détaille les chiffres et les enjeux pour l'économie nationale

S'inscrire à la Newsletter Boursenews

* indicates required