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Bank Al-Maghrib abaisse ses prévisions de croissance 2026 et alerte sur les pressions inflationnistes

Au niveau national, la Banque centrale table désormais sur une croissance de 5,2% en 2026, contre 5,6% anticipés lors des prévisions de mars, avant un ralentissement à 3,1% en 2027, contre une estimation précédente de 3,5%.

Cette évolution s’explique principalement par la dynamique attendue du secteur agricole. Après une progression de 8,2% en 2025, la valeur ajoutée agricole devrait rebondir de 16% cette année, portée par une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux selon le Département de l’Agriculture. En 2027, ce rythme devrait toutefois s’inverser avec un recul projeté de 7,6%, sous l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne.

Les activités non agricoles devraient, quant à elles, afficher une croissance stable de 4,2% en moyenne sur 2026 et 2027, après 4,5% en 2025.

Sur le plan international, la Banque centrale souligne que la conjoncture mondiale demeure marquée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement, alimenté les pressions inflationnistes et accentué les incertitudes économiques mondiales.

Si le protocole d’accord récemment conclu entre les États-Unis et l’Iran laisse entrevoir une normalisation progressive du transport maritime, l’économie mondiale devrait continuer à subir à court terme les effets de cette crise.

Au Maroc, la Banque centrale souligne que les effets de cette crise se font déjà sentir sur la facture énergétique. Les prix des carburants ont enregistré en mai une hausse annuelle particulièrement marquée de 27,6%, conséquence directe des tensions sur les marchés énergétiques mondiaux.

 

Ainsi, après avoir évolué autour de 0,8% en moyenne sur les deux dernières années, l’inflation devrait atteindre 1,5% en 2026, contre 0,8% prévu initialement, puis 2,1% en 2027, contre 1,4% anticipé auparavant.

L’inflation sous-jacente resterait néanmoins contenue à 0,2% cette année, reflétant notamment une contraction des prix alimentaires, particulièrement ceux de l’huile d’olive, avant une accélération attendue à 2,9% en 2027.

Sur le volet budgétaire, l’exécution des finances publiques sur les cinq premiers mois de l’année fait ressortir une progression de 8% des recettes ordinaires, contre une hausse plus marquée de 12,2% des dépenses globales, tirée principalement par les charges liées aux biens et services ainsi qu’aux intérêts de la dette.

Tenant compte des réalisations budgétaires, des dispositions de la Loi de Finances 2026, de la programmation triennale 2026-2028 ainsi que de l’ouverture de 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires, Bank Al-Maghrib prévoit une amélioration progressive du déficit budgétaire, attendu à 3,4% du PIB en 2026 puis 3,3% en 2027, contre respectivement 3,5% et 3,4% dans les projections précédentes.

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