EMISSION DU 07/08 - par

Trump ordonne à nouveau la suspension des échanges commerciaux avec l'Espagne

Lors d'un sommet de l'alliance à Ankara, dont les dirigeants européens espéraient qu'il permettrait de regler les différends avec Washington, Donald Trump a également réaffirmé que les Etats-Unis devaient contrôler le Groenland, pourtant territoire d'un allié, le Danemark.

Il s'agit de la deuxième fois que le président américain ordonne au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de suspendre les échanges commerciaux avec l'Espagne, malgré les règles de l'Union européenne qui exigent que les négociations commerciales soient menées en tant que bloc unique.

En raison de son refus de s'engager à respecter le nouvel objectif de dépenses de défense de l'Otan, fixé à 5% du PIB, l'Espagne s'est mis à dos à Donald Trump, qui estime que l'Europe doit en faire davantage pour sa propre sécurité.

Cependant, après une première annonce de suspension commerciale en mars, les échanges entre les deux pays s'étaient poursuivis normalement.

"L'Espagne n'accepte rien, et vous ne devriez pas les soutenir", a déclaré Donald Trump au secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.

Ce dernier a tenté d'apaiser les tensions en affirmant que l’Espagne "avait fait un pas de géant l'année dernière" en portant ses dépenses à 2% du PIB, tout en ajoutant qu'"il reste encore des problèmes à résoudre".

"Je ne veux plus faire le moindre commerce avec eux, d’accord ?", a déclaré Donald Trump à Scott Bessent, qui a répondu : "Oui, monsieur."

"Prenez cette décision immédiatement. Ne leur parlez même pas. Ils sont irrécupérables. Ce sont de mauvaises personnes… Ils gagnent tellement d'argent grâce à nous, et nous allons faire en sorte qu'ils en gagnent beaucoup moins", a ajouté Donald Trump.

Le cabinet du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, à la tête d'un gouvernement de gauche minoritaire, a déclaré dans un communiqué qu'il considérait les propos du président américain comme "de l'habituelle rhétorique" et n'avait pas l'intention de modifier les "excellentes" relations qu'il entretenait avec Washington.

Il a souligné que l’Espagne affichait un déficit commercial avec les États-Unis et que les liens économiques étaient tissés par des entreprises privées plutôt que par les gouvernements.

Pedro Sánchez a également noté que dans le cadre de l’union douanière et commerciale, les États membres de l’UE ne pouvaient être pris pour cible individuellement.

Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises sa frustration à l’égard de l’Espagne après que Madrid a refusé de laisser les États-Unis utiliser son espace aérien ou ses bases pour la guerre contre l’Iran.

L'Espagne est le premier exportateur mondial d'huile d'olive et vend également des pièces automobiles, de l'acier et des produits chimiques aux États-Unis.

Avec Reuters

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