Lundi 19 Octobre 2026

Programme gouvernemental: Les principales annonces d’El Mansouri pour les ménages et les entreprises

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Aide sociale portée à 1.000 DH, minimum de pension à 3.000 DH, réforme de l’IR et soutien aux PME...Fatima Ezzahra El Mansouri a détaillé les engagements de son gouvernement devant le Parlement. Leur mise en œuvre doit s’étaler sur les cinq prochaines années.

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté, ce lundi 19 octobre devant les deux Chambres du Parlement, le programme gouvernemental pour la législature 2026-2031. L’exécutif s’engage à relever les revenus des ménages, à élargir la protection sociale et à faciliter l’accès des entreprises au financement et à la commande publique. Il vise une croissance moyenne de 5% sur la période 2027-2031, tout en maintenant le déficit budgétaire autour de 3% du PIB.

Sur le pouvoir d’achat, le programme prévoit de porter l’aide sociale de 500 à 1.000 DH à la fin de la législature, avec un ciblage fondé sur les revenus effectifs des bénéficiaires. Le gouvernement entend également élargir l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi et renforcer la couverture effective de l’assurance maladie, tout en assurant la pérennité de son financement.

Une compensation sociale automatique doit aussi couvrir la facture mensuelle d’électricité lorsque celle-ci ne dépasse pas 100 DH. La mesure concernera la résidence principale des ménages éligibles, sans demande sur papier ni déplacement administratif.

Pour les salariés, l’exécutif annonce une réforme progressive de l’impôt sur le revenu, destinée à améliorer le revenu net et à encourager l’emploi déclaré. Le programme ne détaille pas, à ce stade, le nouveau barème ni le calendrier des ajustements. L’action sur les prix alimentaires passera notamment par une réorganisation des circuits de distribution des viandes et des poissons, ainsi que par des sociétés régionales et des plateformes professionnelles de collecte et de commercialisation. Des règles annoncées comme stables doivent encadrer l’articulation entre les exportations et l’approvisionnement du marché national.

Les retraites font l’objet de plusieurs engagements chiffrés. Le gouvernement prévoit de relever progressivement le minimum des pensions principales à 3.000 DH par mois dans les différents régimes. Il entend également porter la pension versée à la veuve à 100% de la pension principale due au conjoint décédé, contre 50% selon le programme, tout en préservant les droits des orphelins et des autres ayants droit.

Ces mesures doivent accompagner une réforme globale des régimes, menée en concertation avec les partenaires sociaux et économiques. L’exécutif souhaite étendre la protection aux personnes dépourvues de pension, rapprocher les droits et obligations entre régimes et préserver les droits acquis pendant la transition. Le texte prévoit un déploiement par étapes, assorti de financements définis.

Pour les PME, l’annonce la plus directe concerne la commande publique. Le programme prévoit d’imposer légalement aux titulaires de marchés de consacrer 30% de leur valeur aux PME marocaines. Des mécanismes de contrôle des marchés et d’enquête sur les ententes dans les appels d’offres sont également annoncés. Ils s’inscrivent dans une réforme de la régulation des marchés et de la lutte contre les monopoles, en coordination avec le Conseil de la concurrence.

Le gouvernement maintient l’objectif de porter la contribution du secteur privé aux deux tiers de l’investissement national. Il compte accélérer les projets contractualisés, poursuivre la réforme des centres régionaux d’investissement et faciliter l’accès des très petites, petites et moyennes entreprises au financement et aux garanties.

Le secteur financier sera sollicité pour élargir les financements bancaires et non bancaires destinés à l’investissement productif, aux grands projets, à l’innovation, à l’industrialisation et à l’exportation. Le programme prévoit aussi de mobiliser l’épargne nationale, notamment institutionnelle, et de dynamiser les marchés financiers.

Sur l’emploi des jeunes, un programme national doit démarrer dès 2027. Il prévoit de former chaque année 100.000 jeunes selon les besoins des entreprises et de permettre à environ 100.000 jeunes par an d’accéder à une première expérience professionnelle. La capacité de formation par apprentissage doit atteindre entre 150.000 et 200.000 bénéficiaires annuels.

L’exécutif annonce également l’accompagnement de 60.000 entreprises, à travers l’incubation et un accès facilité au financement, aux garanties et aux marchés. Un passeport de mobilité professionnelle doit soutenir les personnes qui trouvent un emploi hors de leur zone de résidence, avec une offre de logements locatifs à prix adaptés.

Dans l’immobilier, le programme associe la poursuite du soutien à l’accession à la propriété à la création d’une offre nationale de logements destinés à la location. Des solutions spécifiques sont également prévues pour les fonctionnaires des secteurs confrontés à des difficultés de recrutement.

En milieu rural, l’objectif est de construire ou de réhabiliter 100.000 logements durant le mandat, notamment dans les centres émergents. Les ménages éligibles bénéficieront d’une aide directe de 40.000 DH, accompagnée d’une assistance technique gratuite. Une loi sur l’urbanisme rural doit simplifier les procédures de construction et permettre la régularisation de bâtiments existants, sous conditions de sécurité et de respect des droits des tiers.

Les investissements dans l’eau doivent permettre de mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes par dessalement à l’horizon 2031, parallèlement à la construction de barrages et aux transferts entre bassins lorsque cela s’avère nécessaire. Dans le tourisme, une nouvelle feuille de route couvrant la période 2027-2030 doit soutenir l’objectif de 26 millions de touristes en 2030.

Les régions doivent disposer de moyens supplémentaires, avec des transferts financiers portés à au moins 12 milliards de DH dès 2027. Le gouvernement prévoit de généraliser les contrats-programmes entre l’État et les régions, en les liant à des objectifs d’emploi, d’investissement et de réduction des disparités territoriales.

Le cadrage économique du programme retient une croissance moyenne de 5% par an entre 2027 et 2031, une inflation autour de 2% et un déficit budgétaire contenu autour de 3% du PIB sur la législature. L’endettement public doit être ramené à environ 62% du PIB en 2031. Pour y parvenir, l’exécutif compte sur l’élargissement de l’assiette fiscale, une meilleure efficacité des dépenses, les recettes générées par la croissance et une contribution accrue des établissements et entreprises publics, dont la restructuration doit être accélérée.

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