Après plusieurs mois de guerre au Moyen-Orient, la confrontation entre Washington et Téhéran connaît une nouvelle escalade. L’Iran a revendiqué des frappes contre des intérêts militaires américains au Koweït, tandis que Donald Trump menace de nouvelles opérations.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran entre dans une nouvelle phase de tension. Dès les premières heures de jeudi, l’armée koweïtienne a déclaré faire face à des attaques de missiles et de drones, qualifiées d’« agression iranienne ». Peu après, la télévision d’État iranienne a confirmé que des frappes étaient en cours contre des bases américaines au Koweït.
Cette riposte intervient après une nouvelle nuit de bombardements américains. Mercredi, Donald Trump a averti que les États-Unis restaient prêts à frapper « à tout moment » la République islamique, qui affirme vouloir « briser » l’ennemi américain.
Une escalade sans issue diplomatique
Après un mois d’accalmie, les hostilités ont repris dimanche, dans un scénario déjà observé depuis le début de la guerre déclenchée fin février. Les États-Unis ont mené deux vagues de frappes, visant selon l’armée américaine une tentative de minage du détroit d’Ormuz, puis des installations des Gardiens de la Révolution, notamment des sites radar et de défense antiaérienne.
La deuxième opération aurait fait 19 morts, dont sept membres des forces armées et des civils. Quatre personnes ont notamment été tuées lors d’un mariage dans le district de Sirik, dans le sud-est de l’Iran, où près de 70 personnes ont été blessées. L’armée américaine a déclaré ne jamais prendre pour cible les civils, accusant les Gardiens de la Révolution d’agir différemment.
Téhéran a dénoncé un « crime de guerre » et revendiqué des frappes contre des alliés des États-Unis dans la région, notamment en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, en Irak et aux Émirats arabes unis. L’Iran a également averti les pays coopérant avec l’armée américaine et annoncé une « nouvelle stratégie » destinée à « briser les fondements » de son adversaire.
De la pression économique au retour des frappes
La reprise des bombardements contraste avec les déclarations récentes de l’administration Trump, qui disait vouloir privilégier la pression économique sur Téhéran et ses partenaires.
Les États-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens et annoncé de nouvelles sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de l’Iran. Selon Chris Wright, ministre américain de l’Énergie, ces mesures doivent permettre d’exercer une « pression économique maximale » sur le pays.
Mais cette stratégie économique cohabite désormais avec un retour assumé de l’affrontement militaire. Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient détruit bien plus que des radars et s’est déclaré prêt à lancer une nouvelle opération à tout moment.
Le détroit d’Ormuz au centre des tensions
Le détroit d’Ormuz reste au cœur de l’escalade. Deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, selon Téhéran. Cette voie stratégique pour le transport des hydrocarbures est verrouillée par l’Iran depuis le début de la guerre.
Donald Trump a même suggéré de rebaptiser le détroit « détroit Trump », avant d’indiquer qu’il ne parlait pas sérieusement. Au-delà de la formule, la séquence souligne le rôle central de cette voie maritime dans la confrontation entre les deux pays.
Israël maintient sa position
Israël a assuré être prêt à riposter « avec force » à une éventuelle attaque iranienne. Le chef de la diplomatie, Gideon Saar, a toutefois déclaré que son pays n’avait pas l’intention de rejoindre la guerre « pour le moment ».
Israël avait lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, avant de rester en retrait sur le plan militaire après la signature d’un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril. Cet accord a ensuite été rompu par de nouveaux affrontements.
La nouvelle riposte iranienne au Koweït intervient donc dans un contexte où les canaux diplomatiques restent sans issue, où la pression économique s’intensifie et où le risque d’un nouvel embrasement régional demeure élevé.