Wall Street et les marchés mondiaux retiennent leur souffle. Les dernières statistiques de l’emploi américain sont tombées, révélant une dynamique bien plus robuste que prévu. De quoi rebattre les cartes sur la stratégie monétaire de la Réserve fédérale (Fed) et jeter un vent de frois sur les marchés d’actions et les métaux précieux.
Selon le rapport officiel publié ce vendredi, l’économie américaine a généré 162 000 emplois nouveaux au cours de la période, pulvérisant les prévisions des analystes. Fait notable, les données des mois de juin et juillet ont fait l'objet de révisions de nature à conforter ce tableau flatteur, avec une rallonge de 55 000 postes supplémentaires sur ces deux seuls mois. Quant au taux de chômage, il s’établit solidement à 4,1 %.
La probabilité d’un tour de vis de la Fed s'envole
Cette insolente santé du marché du travail change radicalement la donne pour le coût du crédit. Les investisseurs, qui misaient prudemment sur un assouplissement monétaire, voient désormais le vent tourner. À la lumière de ces indicateurs, les marchés estiment désormais à plus de 60 % la probabilité d’une hausse des taux directeurs par la Fed dès le mois de septembre.
Une perspective qui vient agiter le spectre d'une politique monétaire durablement restrictive. Dans ce contexte, toute l'attention de la place financière se tourne d'ores et déjà vers la publication prochaine de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis, attendue la semaine prochaine. Ce chiffre de l’inflation constituera le véritable juge de paix pour valider, ou nuancer, ce scénario de resserrement.
Les marchés actions et les métaux sous tension
Sans surprise, la réaction des marchés n'a pas tardé. Pris de court par ce regain de tension sur les taux obligataires, les marchés d'actions subissent une nette pression vendeuse. Les investisseurs procèdent à des arbitrages de précaution, pénalisant également les cours des métaux, directement exposés à la vigueur du dollar et à la perspective d’un loyer de l’argent plus cher.