L’or poursuit sa correction et repasse sous le seuil symbolique des 4.000 dollars l’once, touchant son plus bas niveau depuis la mi-juillet. Le métal précieux s’achemine vers une perte hebdomadaire de près de 4%, dans un contexte de regain des tensions inflationnistes et de perspectives de taux d’intérêt durablement élevés aux États-Unis.
Les cours de l’or ont glissé vendredi sous la barre des 4.000 dollars l’once, atteignant leur plus bas niveau depuis la mi-juillet. Cette nouvelle baisse porte le recul hebdomadaire du métal jaune à près de 4%, alors que les investisseurs réévaluent les perspectives de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
En cause, notamment, la flambée des prix du pétrole, qui ravive les inquiétudes concernant la persistance des pressions inflationnistes. Le Brent a atteint un sommet de quatre ans, après des attaques des Houthis en Arabie saoudite ayant accentué les craintes de nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique.
Cette hausse des cours pétroliers intervient alors que les dernières statistiques américaines font état d’une accélération plus importante que prévu des prix à la consommation et à la production, alimentée en grande partie par le renchérissement de l’énergie.
Ces évolutions renforcent les anticipations d’un maintien prolongé des taux d’intérêt américains à des niveaux élevés, un environnement traditionnellement défavorable à l’or. Contrairement aux actifs obligataires, le métal précieux ne génère aucun rendement, ce qui tend à réduire son attractivité lorsque les taux demeurent élevés.
La Fed au centre des attentions
Malgré la persistance des tensions inflationnistes, les marchés s’attendent largement à ce que la Réserve fédérale maintienne ses taux directeurs inchangés lors de sa prochaine réunion, prévue les 27 et 28 octobre.
Selon l’outil FedWatch du CME, les investisseurs n’attribuent qu’une probabilité de 10% à une hausse des taux dès la semaine prochaine, contre environ 80% pour le mois de décembre.
Dans ce contexte, l’attention des opérateurs se tourne désormais vers la publication, le 29 octobre, de l’indice américain des dépenses de consommation personnelle (PCE), indicateur d’inflation particulièrement suivi par la Fed.
Ces données devraient apporter de nouveaux éléments d’appréciation sur l’évolution des pressions inflationnistes et les progrès réalisés vers l’objectif de 2% fixé par la banque centrale américaine.