À un peu plus de deux mois de la clôture annuelle, le MASI peine encore à retrouver une vraie dynamique. Deuxième semaine positive d’affilée, certes, mais avec seulement 0,33% grappillé cette fois-ci. Après la purge de fin septembre, la cote a trouvé un plancher mais cherche encore le courant acheteur capable de remettre du momentum dans la tendance.
À 17.054,31 points vendredi soir, le MASI reste scotché autour des 17.000 points. Depuis la jambe baissière de fin septembre, qui lui a coûté près de 2.100 points, l’indice n’en a repris que moins de 400. Le rebond existe donc, mais il reste essentiellement technique, sans véritable accélération des flux ni élargissement suffisamment net du mouvement.
Les échanges confirment cette impression puisqu’un peu plus de 1,03 milliard de dirhams ont transité sur la semaine, soit un volume quotidien moyen proche de 200 MDH. On est loin des séances de dégagement qui avaient accompagné la correction de septembre. Les carnets respirent davantage, les rachats à bon compte existent, mais le marché manque encore de conviction pour transformer cette stabilisation en vraie reprise.
L’actualité micro commence pourtant à fournir davantage de matière aux investisseurs. Jet Energy s’apprête à rejoindre la cote avec une opération comprise entre 328,1 et 375,4 MDH, entièrement réalisée par augmentation de capital, tandis que Maroc Telecom et Ennakl ont ouvert le bal des publications trimestrielles. Le marché retrouve aussi peu à peu ses réflexes de stock-picking (surtout sur l’immobilier), après plusieurs semaines où les arbitrages de portefeuille et la réduction du risque avaient largement dicté les séances.
Les projections de BKGR apportent, elles aussi, quelques arguments aux haussiers. La recherche anticipe une hausse de 11,4% des bénéfices de son univers en 2026, à 50,6 milliards de dirhams, puis encore 6,9% en 2027. Les mines et les banques devraient concentrer l’essentiel de la croissance cette année, avant un relais plus marqué du BTP, de Marsa Maroc et de Taqa Morocco l’an prochain.
La correction des dernières semaines a, dans le même temps, commencé à comprimer les multiples. Le PER du périmètre suivi par BKGR ressortirait à 18 fois les bénéfices 2026, puis 16,8 fois ceux de 2027, contre une moyenne historique de 20,3 fois. Le rendement du dividende remonterait parallèlement à 3,1%. Le marché redevient donc plus abordable sur le papier, mais le rerating ne viendra que si les profits délivrent et si les flux reviennent.
Sur le plan macro, le PLF 2027, adopté en Conseil de gouvernement puis présenté au Parlement, ajoute un autre étage au scénario domestique. Réforme de l’IR, exonération annoncée des salaires nets inférieurs à 10.000 DH, revalorisation de certaines pensions et mesures de soutien au pouvoir d’achat : autant d’éléments susceptibles de soutenir la demande intérieure et, par ricochet, les valeurs les plus exposées à la consommation.
Le décor international reste en revanche moins porteur. En France, le rendement de l’OAT à dix ans a franchi les 5% pour la première fois depuis 2002, maintenant la pression sur le coût du capital et les primes de risque en Europe. Le Brent, lui, reste installé autour de 117 dollars, un niveau qui entretient la pression sur la facture énergétique et les marges des secteurs les plus dépendants des intrants importés.
Le marché casablancais a donc cessé de dévisser mais n’a pas encore retrouvé de véritable traction. Les valorisations se sont détendues, les perspectives bénéficiaires restent correctement orientées et les nouvelles opérations reviennent sur le devant de la scène. Pour autant, deux semaines légèrement positives ne suffisent pas à effacer une jambe de baisse de 2.100 points.