Il aura fallu patienter. Après plusieurs semaines de glissade sans véritable résistance, le marché actions a enfin trouvé matière à respirer. Ainsi, le MASI progresse de 1,45% sur la semaine. Il s’agit de la première hausse hebdomadaire nette depuis la mi-janvier, période où l’indice s’était installé dans une dynamique baissière.
Le rebond attendu a fini par se matérialiser. En effet, les actions ont pris appui sur des niveaux techniques identifiés par les opérateurs, permettant à l’indice d’effacer une partie des pertes de la semaine précédente. Surtout, la remobilisation du camp acheteur a évité une glissade sous le seuil psychologique des 18.000 points, niveau qui commençait à focaliser l’attention et que certains opérateurs commençaient à tester du regard.
Le déroulé hebdomadaire reflète cette phase d’ajustement. Après trois séances de surplace, sans direction nette, le marché a enregistré un fort rebond jeudi, avant de terminer sur une dernière séance en léger repli. Cette séquence permet à l’indice de réduire légèrement ses pertes annuelles, désormais limitées à -1,45%.
Dans un marché où toutes les thèses -haussières comme baissières- peuvent être défendues, la balance penche toujours du côté où il y a le plus d'acteurs à prendre à contrepied. Cette semaine, en l’occurrence, la hausse l’a emporté.
À mesure que l’on avance dans l’année, le scénario d’une progression plus sélective du marché se précise. À cet égard, les analystes de CFG Bank anticipent une croissance d’environ 8% sur l’exercice, accompagnée d’une convergence des multiples vers leurs moyennes historiques. Par conséquent, la dynamique des cours reposerait davantage sur la croissance bénéficiaire que sur l’expansion des valorisations, dans un environnement jugé moins favorable du côté des taux.
Du côté des valeurs, les minières, fidèles à leur réputation d’ascenseur émotionnel, ont de nouveau capté les regards. Après le repli brutal de la semaine précédente, le compartiment reprend de la hauteur. Ainsi, Minière Touissit s’adjuge +45,71% à 3.060 DH, tandis que SMI progresse de 10,36% à 5.849 DH. Ces variations rappellent que ce segment évolue souvent selon une logique propre, parfois décorrélée du reste du marché.
Toutefois, le flux acheteur ne s’est pas diffusé uniformément. Comme observé depuis le début de l’année, la progression demeure sélective. Certaines capitalisations concentrent l’attention, tandis que d’autres peinent encore à sortir de leur léthargie.
Sur le marché central, les échanges ont dépassé 1,63 milliard de dirhams sur les cinq séances, correspondant à un VQM de 328 MDH. L’activité a été dominée par Attijariwafa bank (160 MDH, 9,79%), Minière Touissit (144 MDH, 8,77%) et Risma (132 MDH, 8,05%).
Par ailleurs, la saison des publications annuelles et trimestrielles accélère progressivement. Cette semaine, Maroc Telecom, troisième capitalisation du marché, a publié des résultats faisant ressortir une profitabilité proche de 7 milliards de dirhams. Cette performance intègre notamment des éléments non récurrents liés à l’accord conclu avec WANA Corporate autour du dégroupage. Le groupe annonce, en outre, un dividende normatif de 4 DH.
Le marché entre désormais dans une phase plus dense sur le plan des publications. D’ici deux semaines, la session des résultats trimestriels touchera à sa fin. D’ici là, les chiffres devraient progressivement reprendre le dessus sur les considérations techniques qui ont dominé ce début d’année.