Jeudi 05 Novembre 2026

Bourse de Casablanca : Les capitaux étrangers gagnent en valeur, perdent du poids

marché financier marché boursier marocain actualités marchés financiers info finance

La valeur des actions cotées détenues par les investisseurs étrangers a progressé de 21,2% en 2025, à 220 milliards de dirhams, selon l'AMMC. Leur poids dans la capitalisation boursière a toutefois reculé à 21,2%, contre 24,1% un an auparavant. L'investissement étranger reste largement dominé par les participations stratégiques, tandis que les transactions réalisées par cette catégorie d'investisseurs ont plus que doublé sur l'année.

La forte progression de la Bourse de Casablanca en 2025 a sensiblement revalorisé les portefeuilles des investisseurs étrangers. Selon le rapport annuel sur l'investissement étranger en instruments financiers, publié par l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), la valeur des actions cotées détenues par ces investisseurs a atteint 220,1 milliards de dirhams à fin décembre, contre 181,6 milliards un an auparavant.

Cette hausse de 21,2% s'explique essentiellement par l'appréciation des cours, dans un marché où le MASI a gagné 27,57% sur l'année. Elle ne traduit donc pas nécessairement une augmentation équivalente des capitaux investis par les étrangers.

Malgré cette progression en valeur, leur poids dans la capitalisation globale de la place s'est contracté de 2,9 points, passant de 24,1% en 2024 à 21,2% en 2025. La capitalisation du marché a en effet progressé plus rapidement que les portefeuilles étrangers, passant de 752,4 à 1.040,7 milliards de dirhams.

Près de 90% des investissements restent stratégiques

La structure des capitaux étrangers à la Bourse de Casablanca demeure largement dominée par les participations stratégiques. Celles-ci représentaient 89,4% de l'encours total à fin 2025, contre 90,6% un an plus tôt. Leur poids dans la capitalisation boursière est revenu de 21,9% à 18,9%.

À l'inverse, les participations minoritaires, définies par l'AMMC comme les détentions inférieures à 4% du capital d'une société cotée, représentent 10,6% des investissements étrangers. Leur part dans la capitalisation flottante reste pratiquement stable, à 8,3%, contre 8,2% en 2024.

Cette configuration traduit la prépondérance des investissements de long terme dans l'actionnariat des entreprises cotées, plutôt que des positions de portefeuille susceptibles d'alimenter directement les échanges sur le marché.

À fin 2025, les 80 sociétés cotées comptaient des investisseurs étrangers dans leur capital. Parmi elles, 30 affichaient un taux de détention étranger supérieur à 10%, tandis que 12 étaient détenues à plus de 50%. Ces dernières concentraient à elles seules 146 milliards de dirhams, soit environ 66% de l'ensemble des investissements étrangers en actions cotées.

Sur le plan sectoriel, les télécommunications arrivent en tête avec 52,9 milliards de dirhams d'encours, suivies de l'électricité (43 milliards), des banques (36,7 milliards) et du bâtiment et matériaux de construction (34,3 milliards). Ces quatre compartiments concentrent plus des trois quarts des investissements étrangers.

La progression des encours en 2025 a été particulièrement marquée dans l'électricité (+15,8 milliards de dirhams) et les télécommunications (+12,8 milliards), notamment sous l'effet de la revalorisation des participations dans Taqa Maroc et Maroc Telecom.

Le Moyen-Orient dépasse l'Europe

La répartition géographique fait apparaître une évolution dans la hiérarchie des investisseurs étrangers. Avec un encours de 105,5 milliards de dirhams, contre 78,8 milliards en 2024, les capitaux originaires du Moyen-Orient représentent désormais 47,9% de l'investissement étranger en actions cotées.

L'Europe arrive au deuxième rang avec 98 milliards de dirhams, soit 44,5% du total, contre 49,7% un an auparavant. Ensemble, ces deux régions concentrent 92,4% des investissements étrangers à la Bourse de Casablanca.

Les investisseurs africains détiennent, pour leur part, 12,6 milliards de dirhams, en progression de 22%, tandis que les capitaux originaires d'Amérique du Nord atteignent 4,1 milliards.

Les transactions des étrangers ont plus que doublé

Au-delà des encours détenus, le rapport de l'AMMC fait ressortir une nette intensification de l'activité transactionnelle des investisseurs étrangers en 2025.

Le volume de leurs échanges sur les marchés central et de blocs a atteint 17,3 milliards de dirhams, contre 8 milliards en 2024, soit une hausse de 116,3%. Ils ont ainsi représenté 6,3% du volume transactionnel global de la Bourse de Casablanca. Ce volume, calculé en cumulant les achats et les ventes, ne constitue pas une mesure des flux nets d'investissement.

Le marché central a concentré 79% des transactions étrangères, contre 21% pour le marché de blocs. Les personnes morales ont réalisé la quasi-totalité des échanges, avec 16,8 milliards de dirhams.

Contrairement à la structure des encours, largement dominée par le Moyen-Orient, l'activité boursière a été principalement animée par les investisseurs européens, à l'origine de 38% des volumes étrangers, suivis des investisseurs africains (34,6%). Le Moyen-Orient représente 19% des transactions.

Les échanges se sont particulièrement concentrés sur le bâtiment et matériaux de construction, qui a capté 31,2% des volumes, devant la santé (22,9%) et les banques (19,5%). Le volume traité par les étrangers dans le BTP est passé de 1,1 à 5,4 milliards de dirhams en un an, tandis que celui de la santé a progressé de 660 millions à près de 4 milliards.

Une présence encore marginale sur la dette et les OPCVM

En dehors des actions cotées, la présence des investisseurs étrangers sur les autres compartiments du marché des capitaux reste limitée.

L'encours des titres de créance détenus par les étrangers et les Marocains résidant à l'étranger s'est établi à 3,1 milliards de dirhams à fin 2025, contre 2,8 milliards un an plus tôt. Il ne représente que 0,28% de l'encours global de ce marché. Les bons du Trésor constituent la principale catégorie détenue, avec 1,8 milliard de dirhams.

Dans les OPCVM, les investissements étrangers ont progressé de 46,3%, à 7,5 milliards de dirhams. Leur part dans l'actif net global du secteur demeure néanmoins inférieure à 1%, à 0,96% précisément. Les personnes physiques, notamment les MRE, concentrent l'essentiel de ces placements, principalement orientés vers les fonds monétaires et obligataires.

 

Articles qui pourraient vous intéresser

Mercredi 04 Novembre 2026

Bourse de Casablanca: Le MASI signe un net rebond après cinq séances de repli

Mercredi 04 Novembre 2026

Feuille de marché du 04 novembre 2026

Mercredi 04 Novembre 2026

Bourse de Casablanca: Le MASI rebondit à l’ouverture, les minières en tête

Mardi 03 Novembre 2026

Bourse de Casablanca : Le marché continue de creuser ses pertes

S'inscrire à la Newsletter Boursenews

* indicates required