Vendredi 23 Octobre 2026

Sociétés cotées : BKGR prévoit une hausse des bénéfices et de nouveaux relais en 2027

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Les mines et les banques concentreraient l’essentiel de la hausse des profits cette année, selon les prévisions de BKGR portant sur 40 sociétés cotées. Le BTP, Marsa Maroc et Taqa Morocco contribueraient davantage en 2027, malgré des tensions persistantes sur les coûts.

La baisse des cours n’a pas emporté les perspectives bénéficiaires des sociétés cotées. Dans ses prévisions d’octobre, BMCE Capital Global Research (BKGR) anticipe une progression de 11,4% du résultat net part du groupe cumulé des 40 valeurs de son périmètre en 2026, à 50,6 milliards de DH. La croissance se poursuivrait en 2027, à un rythme de 6,9%, pour porter les profits à 54,1 milliards de DH. De quoi ramener progressivement les multiples de valorisation sous leur moyenne historique, à condition que les entreprises tiennent leurs trajectoires.

Cette hausse des résultats accompagnerait une activité toujours soutenue. Les revenus agrégés du périmètre étudié atteindraient 347,8 milliards de DH en 2026, en progression de 11,5%, puis 372,9 milliards en 2027. Mais la lecture des bénéfices demande davantage de précautions : les opérations exceptionnelles et le poids des minières influencent fortement les chiffres d’ensemble.

Les mines concentrent une large part de la hausse en 2026

Sur les quelque 5,2 milliards de DH de bénéfices supplémentaires attendus cette année, les mines apporteraient près de 3,55 milliards. Les banques contribueraient pour 2,15 milliards, tandis que le recul attendu de Maroc Telecom absorberait une partie de ces gains.

Managem occupe une place centrale dans cette projection. BKGR attend un RNPG de 6,2 milliards de DH en 2026, soit plus du double du niveau de 2025. Le groupe profiterait de la contribution des nouvelles mines de Boto et de Tizert, d’un environnement favorable sur les métaux précieux, mais aussi d’une plus-value exceptionnelle estimée à 1,5 milliard de DH sur la cession d’une participation de 45% dans le projet aurifère Gabgaba, au Soudan.

À l’inverse, Maroc Telecom subirait une base de comparaison défavorable après la rétrocession exceptionnelle liée au dossier Wana, qui avait soutenu les comptes de 2025. Son RNPG reculerait ainsi de 23,8%, à 5,3 milliards de DH, malgré une croissance attendue de ses revenus de 2,1%.

Une fois les minières exclues et l’effet IAM/Wana retraité, la progression des bénéfices du périmètre ressortirait à 7,3% en 2026, contre 11,4% en données publiées. La croissance demeure donc présente au-delà des mines, mais son rythme est moins spectaculaire que ne le suggère l’agrégat.

BKGR ne prolonge d’ailleurs pas mécaniquement la bonne tenue du premier semestre. Ses estimations annuelles impliquent une hausse des profits limitée à 3,2% au second semestre, après 19,6% sur les six premiers mois. Les banques feraient exception : leur croissance bénéficiaire passerait de 5,8% à 21%, sous l’effet notamment d’une accélération de la marge d’intérêt accompagnant le financement de l’investissement. Cette trajectoire suppose donc une contribution sensiblement plus forte du secteur bancaire en fin d’année.

En 2027, une croissance moins dépendante des minières

Le ralentissement apparent des bénéfices en 2027 tient en partie à la disparition de la plus-value attendue chez Managem. Le RNPG du groupe reviendrait à 4,7 milliards de DH, entraînant une baisse de 19,2% des profits du compartiment minier, malgré les progressions prévues chez CMT et SMI.

Sur le reste du périmètre, la dynamique serait plus favorable. Hors minières et après retraitement de l’effet IAM/Wana, la croissance bénéficiaire atteindrait 11,2% en 2027, après 7,3% en 2026. Le tassement de la croissance publiée masquerait ainsi une accélération des autres secteurs.

Les banques conserveraient le premier rôle, avec environ 1,5 milliard de DH de profits supplémentaires. Le BTP apporterait près de 935 millions, tandis que l’électricité et le transport contribueraient ensemble pour un peu plus d’un milliard de DH.

Dans la construction, BKGR projette une hausse des bénéfices de 14,3% en 2027, contre seulement 2,3% en 2026. L’accélération des grands chantiers se traduirait notamment par une progression du RNPG de SGTM de 19,8%, à 1,83 milliard de DH, et de celui de TGCC de 13,2%, à 1,14 milliard. Jet Contractors enregistrerait un rebond de 55,4%, à 309 millions de DH, après le recul attendu en 2026.

Ces perspectives restent toutefois tributaires des conditions d’exécution. La société de recherche souligne les tensions sur les matériaux, l’énergie et le fret, auxquelles s’ajoutent les besoins de mobilisation des ressources et de financement du cycle d’exploitation. Les pressions sur les marges industrielles pourraient se prolonger au premier semestre 2027, avant une amélioration au second.

Les infrastructures offriraient d’autres relais. Le bénéfice de Marsa Maroc progresserait de 29,2% en 2027, à 2,31 milliards de DH, avec notamment la contribution attendue de Nador West Med. Celui de Taqa Morocco atteindrait 1,52 milliard, en hausse de 53,5%, dans un scénario associant la résilience des activités historiques et la montée en puissance progressive de ses projets de diversification. Dans la santé, Akdital poursuivrait sa croissance, avec un RNPG attendu à 682 millions de DH, en progression de 27%, porté par l’expansion du réseau et la maturation des établissements.

Des multiples qui se détendent, avec des écarts entre valeurs

La combinaison de la baisse des cours et de l’augmentation attendue des profits améliore la lecture des valorisations. Sur les bases de marché retenues dans la note, le PER du périmètre BKGR ressortirait à 18 fois les bénéfices de 2026, contre 20,6 fois en 2025. Il descendrait à 16,8 fois les profits de 2027, à capitalisation constante, sous la moyenne historique sur dix ans de 20,3 fois citée par la société de recherche. Hors minières, les multiples seraient respectivement de 16,5 et 14,8 fois.

Cette détente ne concerne cependant pas toutes les valeurs dans les mêmes proportions. Le rapprochement entre croissance bénéficiaire et valorisation fait ressortir seulement sept titres dont le PEG est inférieur à 1. Les banques y sont bien représentées, notamment BMCI, Crédit du Maroc et BCP, qui associent des multiples contenus à une croissance bénéficiaire soutenue.

Les distributions progresseraient également, mais moins vite que les profits en 2026. BKGR prévoit une masse de dividendes de 26,4 milliards de DH, en hausse de 6,5%, puis de 28,6 milliards en 2027, soit une nouvelle progression de 8,5%. Aux valorisations retenues dans l’étude, le rendement global du périmètre passerait ainsi à 2,9% au titre de 2026, puis à 3,1% au titre de 2027.

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