Les cours du pétrole poursuivent leur ascension dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le Brent a dépassé vendredi les 85 dollars pour atteindre 87,19 dollars le baril, en hausse de 2%, et s’apprête à enregistrer sa plus forte progression hebdomadaire depuis 2022.
Cette flambée intervient alors que l’escalade du conflit dans la région perturbe fortement les flux énergétiques mondiaux. La crise a en effet quasi paralysé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transitent quotidiennement près de 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers.
Le trafic commercial dans cette voie maritime clé est fortement ralenti en raison des risques sécuritaires, des difficultés d’assurance et de l’incertitude opérationnelle, poussant certains opérateurs à suspendre leurs traversées.
Dans ce contexte, certains producteurs ont commencé à réduire leur production, accentuant les tensions sur l’offre et alimentant la hausse des prix.
Sur le plan diplomatique, les tensions restent vives après les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui a indiqué que l’Iran ne souhaitait pas négocier à ce stade.
De leur côté, les États-Unis ont laissé entendre qu’ils pourraient prendre des mesures pour apaiser les tensions sur les marchés, notamment en puisant dans leurs réserves stratégiques de pétrole, tout en autorisant temporairement l’Inde à acheter du pétrole russe déjà en mer.
Par ailleurs, l’Arabie saoudite a relevé ses prix du pétrole pour les acheteurs asiatiques et a commencé à rediriger une partie de ses expéditions via les ports de la mer Rouge, afin de contourner le détroit d’Ormuz.