Wall Street est attendue baisse et les Bourses européennes reculent vendredi à mi-séance, la confiance des investisseurs restant plombée par les craintes budgétaires en France et par la flambée des prix du pétrole, tandis que la dernière vague de résultats d'entreprises entraîne de lourdes pertes pour certains grands noms de la cote tels que Kering, Safran ou Volvo Cars.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,6% pour le Dow Jones, de 0,27% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,14% pour le Nasdaq. Ce dernier vient de connaître un plongeon de de 2,6% la veille, sa plus forte baisse depuis juin, dans un contexte de ventes massives dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA).
À Paris, le CAC 40 perd 0,58% à 7.765,91 points vers 11h29 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,71% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,48%.
L'indice EuroStoxx 50 cède 0,54%, le FTSEurofirst 300 0,48% et le Stoxx 600 0,47%.
L'aversion au risque reste élevée en cette dernière séance de la semaine et devrait entraîner d'importantes pertes hebdomadaires pour les principaux indices européens, des secteurs clés tels que le luxe (-2,55%) ou la défense (-3,59%) étant à la peine après la publication de chiffres financiers qui n'ont pas été bien accueillis.
La saison des résultats bat son plein et, paradoxalement, les analystes se montrent plutôt optimistes quant au bilan qui en ressortira, les bénéfices trimestriels des entreprises de l'indice STOXX 600 devant progresser de 21,9%, soit le deuxième meilleur taux de croissance des quatre dernières années, principalement grâce aux entreprises du secteur de l'énergie, selon les données de LSEG I/B/E/S.
Mais les Bourses détournent le regard vers un contexte général peu favorable.
Les importantes manifestations du week-end dernier contre la vie chère en France, qui ont dégénéré en émeutes et en pillages, renforcent encore davantage les doutes quant à l'avenir du projet de budget actuellement débattu à l'Assemblée nationale, dans un climat tendu également alimenté par la proximité de l'élection présidentielle de l'année prochaine.
La deuxième économie de la zone euro peine à réduire son déficit, ce qui a contribué à amplifier cette semaine la prime de risque de la dette publique française par rapport aux obligations allemandes à son plus haut niveau depuis 15 ans, tandis que le rendement de l'OAT à 10 ans a touché jeudi un pic despuis juillet 2002, à 5,14%.
Si le rendement recule vendredi, il évolue toujours au-dessus de la barre symbolique des 5%, et la tension reste forte, de nouvelles mobilisations étant prévues samedi — malgré une avalanche d'interdictions de manifester de la part des préfets visant à limiter le risque de troubles —, tandis que Moody's pourrait abaisser la note de crédit de la France dans la soirée, emboîtant ainsi le pas aux agences de notation qui l'on déjà fait.
Les indicateurs économiques reflètent déjà les effets de ce climat de plus en plus morose: la croissance du secteur privé de la zone euro a ralenti en octobre pour atteindre son plus faible rythme depuis juin, sous l'effet d'une hausse des coûts liée à l'énergie et d'une nouvelle contraction en France, selon l'enquête PMI préliminaire publiée vendredi.
Le resserrement des conditions de financement en cours déterminera probablement le ton des réunions des banques centrales prévues dès la semaine prochaine, notamment celles de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), qui, selon les opérateurs, maintiendront leurs taux inchangés avant de les relever à nouveau en décembre.
Avec Reuters