La Bourse de New York cherche à se reprendre vendredi après son plongeon de la veille lié aux inquiétudes sur l'intelligence artificielle (IA), mais les investisseurs sont réticents à se montrer trop optimistes.
Vers 15H15 GMT, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - avançait de 1,83 % et l'indice élargi S&P 500 gagnait 1,09 %, loin toutefois de compenser les pertes de jeudi. Le Dow Jones grappillait 0,14 %.
"Le marché espère appuyer sur le bouton de réinitialisation aujourd'hui, mais la voie à suivre est tout sauf claire, compte tenu de toute la tourmente qui a suivi l'élection", estime Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
Le Nasdaq a essuyé jeudi sa pire séance depuis avril 2025 et le choc des droits de douane imposés par Donald Trump au monde entier, pénalisé par la chute des titres liés à l'IA.
Les fabricants de puces reprennent un peu de vigueur pour cette dernière séance de la semaine, à l'instar de Nvidia (+5,53 %), Broadcom (+3,09 %) ou AMD (+10,38 %) sans toutefois parvenir à éclipser entièrement leur trajectoire de jeudi.
Avec la large victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les marchés craignent des règles plus strictes pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs indispensables à l'IA, particulièrement énergivores.
Or, c'est le développement massif des infrastructures liées à l'IA qui a porté les valeurs technologiques à des sommets boursiers ces dernières années.
"Pendant près de deux ans, le boom des investissements dans l'IA reposait sur l'hypothèse que le plus grand risque était de se laisser distancer", forçant tous les acteurs du secteur à aller toujours plus loin dans leurs projets et leurs dépenses, rappelle Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Si l'argent ne fait pas encore défaut au secteur, "il a toujours besoin que les collectivités locales et les autorités de régulation lui accordent les autorisations" pour construire des centres de données, une étape qui pourrait devenir plus complexe, écrit l'analyste.
Plusieurs élus ont promis des moratoires sur les nouveaux projets face à la grogne des habitants, qui déplorent la charge imposée au réseau électrique, les émissions de gaz à effet de serre et les besoins en eau.
"Le développement des centres de données devrait se poursuivre, mais à un rythme plus lent, ce qui est préférable pour les valeurs de l'IA à une absence totale de développement", estime Patrick O'Hare.
Sur le plan macroéconomique, la robustesse surprise des chiffres du marché du travail américain pour le mois d'octobre - le chômage passe à 4,1 %, le nombre d'emplois créés s'élève à 165.000 - ne sont pas venus rassurer le marché.
"Cela place clairement la Fed (la banque centrale américaine, ndlr) en très bonne position pour continuer à relever ses taux directeurs afin de lutter contre l'inflation", estime Larry Holzenthaler, analyste de Catalyst Funds.
La perspective d'un environnement monétaire plus restrictif est de nature à pénaliser l'économie américaine et les bénéfices des entreprises.
Elle fait aussi grimper les taux obligataires. Vers 15H15 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait à 4,87 % contre 4,83 % à la clôture la veille.
A la cote, Airbnb s'envolait de 9,20 % après avoir dépassé les attentes au troisième trimestre et partagé des prévisions pour la fin d'année jugées solides par les analystes.
Avec AFP.