La Bourse de New York a ouvert en baisse lundi, minée par des inquiétudes autour du développement de l'intelligence artificielle (IA), après que les grands patrons du secteur ont affirmé vouloir ralentir la cadence.
Dans les premiers échanges, l'indice Nasdaq - qui rassemble les grands noms technologiques - perdait 1,23%, le Dow Jones reculait de 0,29% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,73%.
Le Nasdaq Composite cède 319,57 points, soit 1,21%, à 26.013,47 points, touchant en séance un plus bas de semaines.
Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi les entreprises spécialisées dans l'IA à mettre en oeuvre un plan en trois étapes visant à modérer les capacités de leurs modèles et à gagner du temps pour gérer les risques associés.
Elon Musk, qui dirige xAI, de même que Sam Altman, directeur général d'OpenAI, ont dit partager l'avis du patron d'Anthropic.
OpenAI a par ailleurs renoncé à une introduction en Bourse (IPO) cette année.
La course effrénée au développement de modèles d'IA toujours plus performants semble ainsi céder la place à une réévaluation plus lucide, entraînant une vague de ventes d'actions sur les grandes valeurs de l'IA.
En attendant, l'indice des semi-conducteurs chute de 5,9%, en passe de d'enregistrer sa pire séance depuis le 1er juillet s'il se maintient à ce niveau.
Les géants du secteur comme Nvidia, Amazon, et Meta reculent de 1,29% à 3,48%, tandis que les fabricants de puces électroniques tels qu'Intel (-5,94%), AMD (-5,76%) et Marvell Technology (-6,70%) sont également dans le rouge.
Les éditeurs de logiciels, qui avaient été pénalisés la semaine dernière par les craintes que l'IA ne vienne perturber leurs activités, en revanche rebondissent: Servicenow, Adobe et Workday montent respectivement de 4,32%, 3,19% et 3,64%.
Avant les mises en garde sur l'IA, le moral des investisseurs était déjà affaibli par la publication la semaine dernière de données montrant une accélération de l'inflation (CPI) aux Etats-Unis, ce qui pourrait inciter la Fed à relever ses taux directeurs mercredi, à l'issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours.
La poursuite de l'envolée des cours du pétrole, qui se négocient à des sommets depuis mai, avec un baril de Brent proche des 110 dollars, n'aide pas non plus à la prise de risque.