Le Maroc va suspendre l’exportation des sardines congelées à partir du 1er février 2026, a annoncé au Parlement la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich. Cette décision vise à sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur et à contenir les tensions sur les prix d’un produit de large consommation.
La mesure intervient dans un contexte marqué par une raréfaction de la ressource halieutique et une pression accrue sur les prix. Selon les explications fournies, plusieurs facteurs structurels pèsent sur le marché, notamment les conditions climatiques, les coûts des sorties en mer, la chaîne du froid et les marges des intermédiaires, renforçant la nécessité de préserver les stocks.
Les données de l’Office national des pêches (ONP), relayées par la presse, font état d’un recul d’environ 46% des débarquements de sardines en deux ans, passant d’environ 965.000 tonnes en 2022 à près de 525.000 tonnes en 2024.
La suspension concerne spécifiquement la sardine congelée, avec pour objectif de réorienter une partie des volumes vers le marché domestique afin d’améliorer la disponibilité et de stabiliser les prix. La décision aurait été prise en coordination avec le ministère de l’Industrie.
Sur le plan économique, la mesure pose un arbitrage entre pouvoir d’achat des ménages et activité exportatrice. Si l’impact attendu est une détente de l’offre sur le marché local, les professionnels du secteur alertent sur un manque à gagner à l’export et des risques sociaux, évoquant jusqu’à 35.000 emplois menacés et une baisse d’activité des usines de transformation.
Des mesures d’accompagnement sont annoncées, notamment durant le mois de Ramadan, pour soutenir l’approvisionnement du marché local en poisson congelé. Le gouvernement met également en avant des réformes structurelles portant sur la digitalisation des marchés, la traçabilité, le suivi des navires et la lutte contre la pêche illégale.
Plusieurs zones d’incertitude demeurent pour les opérateurs, notamment la durée exacte de la suspension, son périmètre précis et ses effets réels sur les prix domestiques, ainsi que la réaction des marchés à l’export.