Les exportations marocaines vers les États-Unis pourraient faire l'objet d'un droit de douane supplémentaire de 12,5 % dans le cadre d'une proposition commerciale sur le travail forcé que l'administration Trump envisage, à l'approche de l'expiration ce vendredi de sa taxe temporaire sur les importations mondiales.
Les exportations marocaines vers les États-Unis pourraient faire l'objet d'un droit de douane supplémentaire de 12,5 % dans le cadre d'une proposition commerciale sur le travail forcé que l'administration Trump envisage, à l'approche de l'expiration ce vendredi de sa taxe temporaire sur les importations mondiales.
Le Maroc figure parmi les 60 économies visées par des conclusions du Bureau du Représentant au Commerce des États-Unis (USTR) en raison de ce que Washington qualifie de manquements à interdire et à appliquer efficacement des restrictions sur les produits issus du travail forcé.
L'USTR a proposé un droit de douane supplémentaire de 10 % pour les économies qui ont introduit des contrôles à l'importation totaux ou partiels liés au travail forcé, ou qui se sont engagées à le faire par le biais d'un accord commercial. Les économies n'ayant pas adopté de telles mesures, dont le Maroc, feraient face à une proposition de tarif de 12,5 %.
« Nous nous attendons à voir des actions prochainement », a déclaré Jamieson Greer, le Représentant au Commerce des États-Unis, à la chaîne CNBC.
Puisque l'USTR a conclu que le Maroc n'avait pas adopté ou appliqué efficacement une interdiction explicite des importations fabriquées à partir du travail forcé, la plupart des produits marocains tomberaient sous le coup du taux proposé de 12,5 %, à moins que Washington ne modifie cette mesure, ne négocie un engagement avec Rabat ou n'accorde des exemptions.
« Les résultats de cette enquête indiquent que les actions, politiques et pratiques du Maroc liées au manquement d'imposer et d'appliquer efficacement une interdiction des importations issues du travail forcé sont déraisonnables et pèsent sur ou restreignent le commerce américain », a indiqué l'USTR dans son rapport.
Le Maroc interdit déjà le travail forcé au sein de son économie nationale. L'article 10 du Code du travail interdit aux employeurs d'imposer le travail forcé, tandis que la loi de 2016 sur la lutte contre la traite des êtres humains criminalise l'exploitation par le travail forcé, la servitude et les pratiques assimilables à l'esclavage. Cependant, le Maroc ne dispose pas d'un mécanisme douanier distinct permettant aux autorités d'enquêter sur les chaînes d'approvisionnement et de bloquer des marchandises importées au motif qu'elles auraient été produites par le travail forcé, une lacune ciblée par l'enquête de l'USTR.
L'administration Trump devrait commencer à annoncer de nouveaux droits de douane spécifiques par pays dans les prochains jours, selon le Financial Times, alors que le tarif temporaire de 10 % sur la plupart des importations mondiales approche de son expiration ce vendredi. Le droit proposé de 12,5 % constituerait une mesure spécifique par pays relevant de la Section 301, plutôt qu'une prolongation du tarif mondial temporaire.
Cette proposition pourrait éroder l'accès préférentiel dont bénéficient les exportateurs marocains dans le cadre de l'Accord de libre-échange Maroc-États-Unis, entré en vigueur en 2006. Les tarifs de la Section 301 sont des sanctions commerciales supplémentaires qui peuvent s'appliquer même lorsqu'un produit bénéficie par ailleurs d'un traitement en franchise de droits en vertu d'un accord de libre-échange.
La proposition inclut des exemptions pour certains produits, notamment les marchandises déjà soumises à des tarifs distincts au titre de la Section 232 et d'autres catégories identifiées par l'USTR, ce qui signifie que ce droit supplémentaire ne s'appliquerait pas universellement à l'ensemble des exportations marocaines.
En 2025, les importations de biens en provenance du Maroc s'élevaient à environ 1,9 milliard de dollars, tandis que les exportations américaines vers le Maroc atteignaient 5,5 milliards de dollars.