Donald Trump a estimé lundi qu'un accord avec l'Iran pourrait être conclu, après plusieurs jours de menaces militaires. Téhéran a toutefois prévenu mardi que ses forces restaient prêtes au combat, tout en affirmant que Washington avait désormais la responsabilité d'éviter une reprise de la guerre.
Le ton semble s'adoucir entre Washington et Téhéran, sans pour autant dissiper les risques d'une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient. À la veille des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump a évoqué lundi la possibilité d'un accord avec l'Iran, alors que les consultations diplomatiques se sont intensifiées ces derniers jours.
« Les prix du pétrole tombent comme des pierres (...) parce que les gens sentent qu'il n'y aura pas de guerre avec l'Iran. L'Iran veut un accord, aussi rapidement que possible. Cela pourrait arriver ! », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Mardi, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a toutefois adressé un avertissement à Washington. « Les pays de la région doivent savoir que (...) la République islamique d'Iran se tient prête au combat, le doigt sur la gâchette », a-t-il déclaré dans un discours relayé par la télévision d'État.
« La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent après un week-end marqué par de nouvelles menaces américaines contre les installations nucléaires iraniennes. Donald Trump avait notamment affirmé être prêt à porter un « coup de massue » à l'Iran, avant d'adopter lundi un discours plus conciliant.
Le vice-président américain JD Vance s'est également dit « plutôt optimiste » quant à la conclusion d'un accord négocié, sans avancer de calendrier.
Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé lundi l'intensification des échanges diplomatiques, soulignant le rôle de médiation du Qatar et du Pakistan pour éviter une reprise des hostilités.
Au centre des négociations figure la réouverture du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Téhéran s'est déclaré disposé à ramener de sept à deux jours le délai nécessaire à sa réouverture, tout en maintenant plusieurs exigences, notamment un cessez-le-feu régional, la levée des sanctions pétrolières et la fin du blocus américain contre ses ports.
Les cours du pétrole ont fortement réagi à ces signaux diplomatiques. Lundi, le Brent a chuté de 7,64%, à 104,77 dollars le baril, les investisseurs anticipant une possible détente des tensions sur l'approvisionnement énergétique mondial.
Malgré cette accalmie sur les marchés, les positions américaines et iraniennes demeurent éloignées. Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l'Iran, continue de perturber les exportations pétrolières et le trafic maritime dans le Golfe.
Les déclarations des deux camps laissent ainsi entrevoir une reprise possible du dialogue, sur fond de tensions militaires persistantes et d'incertitudes entourant les conditions d'un éventuel accord.