À l'approche des échéances stratégiques de 2030, l'Office national des chemins de fer préconise l'ouverture vers de nouveaux mécanismes de financement verts et des partenariats public-privé pour soutenir son plan d'investissement de plus de 10 milliards d'euros.
À Rabat, Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l'ONCF, a plaidé pour la diversification des financements afin d'accompagner les grands projets ferroviaires à l'horizon 2030 et soutenir le développement du rail en Afrique.
Pour l'ONCF, l'échéance de 2030 constitue un horizon majeur de développement. Le programme ferroviaire, dont le montant dépasse 10 milliards d'euros, prévoit notamment le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Marrakech sur environ 630 kilomètres, ainsi que le développement de services ferroviaires de proximité de type RER dans les grandes agglomérations. L'Office vise ainsi à transporter plus de 55 millions de voyageurs par an. La connexion ferroviaire du port Nador West Med figure également parmi les projets d'infrastructures prioritaires du programme national.
Au-delà de ces investissements, le management de l'ONCF met l'accent sur la nécessité de dépasser les financements publics traditionnels et de diversifier les ressources mobilisées. Les financements verts, les partenariats public-privé (PPP) et les mécanismes liés aux marchés du carbone figurent parmi les pistes examinées pour supporter les besoins structurels du secteur.
Le recours aux bailleurs internationaux a également été souligné lors de ce forum organisé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, réunissant représentants des secteurs public et privé, experts et investisseurs. Les échanges ont notamment porté sur les possibilités d'accompagnement offertes par des institutions financières telles que l'Union européenne, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. De son côté, François Davenne, directeur général de l'Union internationale des chemins de fer (UIC), a rappelé les exigences liées à la complexité de certains mécanismes. Les travaux ont ainsi mis en lumière les conditions de mobilisation de ressources supplémentaires pour soutenir le développement ferroviaire en Afrique et promouvoir une mobilité décarbonée.
Par ailleurs, le Groupe ONCF et l’Union internationale des chemins de fer (UIC) ont lancé MoveCredits destinée à faciliter l’accès du rail et des transports publics aux marchés carbone. L’initiative vise à développer des méthodologies adaptées, accompagner des projets pilotes et mobiliser de nouvelles ressources pour financer la mobilité durable.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des travaux engagés par l’UIC sur la mobilisation des marchés carbone au service de la mobilité durable et entend désormais fédérer un cercle élargi d’acteurs ferroviaires, financiers, techniques et institutionnels autour de cette dynamique.