Les principales Bourses européennes sont attendues sur une note prudente mardi à l'ouverture, dans un contexte peu propice au risque alors que la progression des cours du pétrole continue d'alimenter les craintes inflationnistes et d'exercer une pression sur le marché obligataire.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait grappiller 0,02% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,09% pour le Dax à Francfort, mais un gain de 0,05% pour le FTSE à Londres et de 0,03% pour le Stoxx 600.
La confiance des investisseurs continue d'être affectée par l'attente interminable d'une résolution du conflit au Moyen-Orient, dont l'impasse maintient les prix du pétrole bien au-dessus des 100 dollars le baril et a conduit les opérateurs à revoir nettement à la hausse leurs prévisions concernant les hausses des taux d'intérêt par les banques centrales pour freiner l'inflation.
L'Iran s'attend à recevoir sous peu, via le Qatar, une réponse des Etats-Unis à sa dernière proposition d'accord pour un cessez-le-feu et une réouverture du détroit d'Ormuz, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, selon des propos rapportés par la presse officielle iranienne.
L'attention se concentre surtout sur la proposition iranienne de rouvrir dans un délai de sept jours le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis février dernier, en échange de concessions de la part des Etats-Unis.
Le président américain Donald Trump avait déclaré samedi avoir rejeté cette offre, tout en précisant par la suite à Axios qu'il s'attendait à ce que les négociateurs poursuivraient les discussions cette semaine.
Dans l'attente, le marché de la dette souveraine atteint presque chaque jour de nouveaux sommets, sous l'effet des anticipations inflationnistes et du niveau élevé de la dette publique.
Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a atteint lundi son plus haut niveau depuis mai 2004, tandis que celui du titre à 10 ans a touché un pic depuis la mi-juin 2007 à 5,27%. Le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a clôturé lundi autour de son plus haut niveau depuis juin 2009.
"Nous entrons dans un nouvel environnement", souligne Angus Hui, responsable des titres à revenu fixe chez Fullerton Fund Management à Singapour.
"Les charges d'intérêts représentent une part croissante du budget public dans de nombreux marchés développés", dit-il, ajoutant qu'il est peu probable que les rendements obligataires retrouvent les niveaux très bas d'autrefois.
Les banques centrales adoptent un ton nettement plus ferme concernant les risques inflationnistes, la dernière en date étant la Banque de réserve d'Australie (RBA) ce mardi même.
La banque centrale australienne a relevé mardi son taux directeur à 4,60%, sa quatrième hausse des coûts d'emprunt cette année, affirmant que l'inflation était trop élevée et qu'elle était prête à relever encore ses taux si nécessaire.
Lundi, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a toutefois déclaré qu'une réponse mesurée restait appropriée pour contenir la hausse des prix dans le bloc, l'inflation enregistrée cette année n'ayant pas encore entraîné d'effets de second tour.
Au-delà de la politique monétaire, les investisseurs restent vigilants face à l'essor de l'IA : le prospectus d'introduction en Bourse, que Reuters a pu consulter, montre qu'Anthropic mise massivement sur le fait que cette technologie transformera l'économie mondiale plus profondément que l'industrialisation, l'électricité et Internet, mais met également en exergue des coûts colossaux.
OpenAI a pour sa part suspendu la sortie de son modèle d'IA de nouvelle génération, GPT-6.1 Astra, dont le lancement était prévu en octobre, après que des tests internes ont révélé que le système ne répondait pas aux normes de sécurité et d'alignement de l'entreprise, a confirmé lundi le développeur de ChatGPT.