Les principales Bourses européennes sont attendues en légère baisse mardi à l'ouverture, la flambée des cours du pétrole exerçant une pression sur le marché obligataire, tandis que les incertitudes liées à l'intelligence artificielle (IA) incitent à la prudence malgré une légère accalmie sur les marchés asiatiques.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,05% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,04% pour le Dax à Francfort, de 0,21% pour le FTSE à Londres et de 0,11% pour le Stoxx 600.
Les tensions au Moyen-Orient ne semblent pas près de s'apaiser au Moyen-Orient, les dernières attaques des Houthis pro-iraniens contre les infrastructures énergétiques saoudiennes et leur avancée le long de la côte yéménite de la mer Rouge attisant davantage les craintes concernant l'approvisionnement en pétrole.
Les dernières données maritimes montrent par ailleurs que le trafic dans le détroit d'Ormuz a encore diminué en début de semaine sur fond d'intensification des attaques dans la région.
Tout cela contribue à faire grimper le prix du pétrole, qui s'établit à 107,42 dollars le baril pour le Brent, le contrat de référence sur le marché mondial. Il a déjà progressé de 18% depuis début septembre, période marquée par la reprise des attaques et l'avancée des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Cette situation pèse également sur le prix du gaz et suscite l'inquiétude des responsables de la politique monétaire, qui surveillent de près tout signe indiquant que l'inflation énergétique se répercute sur l'inflation générale.
Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) américaine pourrait relever mercredi ses taux directeurs de 25 points de base pour juguler une inflation des prix à la consommation (CPI), ressortie vendredi, à 3,4% en août, contre un objectif à moyen terme de 2%.
"Les marchés devraient continuer à se concentrer sur le risque que la hausse des prix du pétrole vienne accentuer les pressions inflationnistes et, par conséquent, entraîner une hausse des taux d'intérêt", souligne dans une note Akihiko Yokoo, analyste chez Mitsubishi UFJ Bank.
Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a dépassé lundi le seuil des 5%, au plus haut depuis octobre 2023, dans un contexte également marqué par les inquiétudes budgétaires et d'émissions massives de titres de créances, notamment pour financer les dépenses liées à l'IA.
Ce secteur tient par ailleurs à nouveau les investisseurs en haleine et a provoqué de fortes baisses des actions technologiques la veille, des entreprises américaines telles que Microsoft, xAI, Anthropic ou OpenAI ayant appelé à freiner le développement de l'IA en raison de craintes liées à la sécurité.
Le président Donald Trump a réagi lundi en dénonçant un "complot malfaisant" à l'oeuvre, selon lui, contre l'IA, assurant que les États-Unis disposaient déjà de garde-fous réglementaires et sécuritaires pour empêcher une dérive.