Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse lundi à l'ouverture, la fermeture du principal oléoduc saoudien vers la mer Rouge ayant provoqué une nouvelle flambée des cours du pétrole, ce qui pèse une fois de plus sur le moral des investisseurs à quelques jours seulement de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,28% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,31% pour le Dax à Francfort et de 0,22% pour le Stoxx 600, tandis que le FTSE de la Bourse de Londres devrait entamer la séance sur un gain de 0,19%.
Le prix du Brent, le contrat de référence pour le marché pétrolier, avance de 2,51% à 107,27 dollars le baril après que des attaques de drones ont contraint l'Arabie saoudite à fermer vendredi son important oléoduc est-ouest, qui permettait jusqu'à présent au royaume de contourner le détroit d'Ormuz, bloqué en raison de la guerre entre les États-Unis et l'Iran.
La fermeture de cette infrastructure essentielle pour le transit du pétrole, dans un contexte d'avancée des Houthis pro-iraniens près du détroit tout aussi stratégique de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, pourrait entraîner une perte pouvant atteindre 4% de l'approvisionnement mondial de brut, selon des acheteurs de brut saoudiens et des traders.
Une baisse des flux saoudiens aggraverait ainsi le choc d'offre de pétrole, qui alimente l'inflation à travers le monde et a récemment propulsé les rendements de la dette souveraine des principales économies à leurs plus hauts niveaux depuis la crise financière de 2008.
Une réunion prévue lundi à Oman entre les pays du Golfe et l'Iran afin de discuter des moyens de garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz a par ailleurs été reportée, ce qui accentue la nervosité des opérateurs, qui voient la perspective d'une normalisation du trafic pétrolier comme très lointaine.
C'est dans ce contexte de vives craintes inflationnistes que la Fed se réunit cette semaine, une décision sur les taux étant attendue mercredi.
Les chiffres de l'inflation du mois d'août ont finalement fait pencher les prévisions des marchés vers une probabilité de 86% d'une hausse de 25 points de base, la première depuis mi-2023.
La plupart des grands courtiers américains, dont Goldman Sachs et JP Morgan, ont renforcé leurs paris de hausse des coûts d'emprunt depuis vendredi et même Citi, qui misait depuis un certain temps sur une baisse des taux, dit désormais qu'un relèvement est probable cette semaine.
Les investisseurs suivront également, jeudi et vendredi, les décisions respectives de la Banque d'Angleterre (BoE) et de la Banque du Japon (BoJ).
Un autre sujet à surveiller concerne les avertissements de plus en plus nombreux sur les dangers liés à l'intelligence artificielle (IA), qui ont conduit Anthropic à demander un ralentissement de son développement et OpenAI à reporter son introduction en Bourse prévue pour cette année, ce qui pèse sur les marchés asiatiques.