L'inflation a marqué un net ralentissement aux États-Unis en juin, portée par le recul des prix de l'énergie, avant que la reprise des hostilités au Moyen-Orient ne fasse ressurgir les craintes d'une nouvelle poussée inflationniste liée au pétrole.
Selon les données officielles publiées mardi, l'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% en mai. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a également ralenti à 2,6%, après 2,9% le mois précédent.
Ces chiffres, meilleurs qu'attendu par les marchés, éloignent à court terme le risque d'un nouveau resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
Le ralentissement de l'inflation s'explique principalement par la baisse des prix de l'essence, en recul de 9,7% sur un mois, à la faveur de l'accalmie diplomatique qui avait temporairement prévalu entre Washington et Téhéran.
Toutefois, cette embellie pourrait être de courte durée. La reprise des hostilités dans le Golfe a entraîné un rebond des cours mondiaux du pétrole, laissant présager une remontée prochaine des prix à la pompe.
"C'est le recul des prix de l'énergie qui a entraîné la baisse des chiffres de l'inflation. Or nous faisons face aujourd'hui à une nouvelle hausse des prix de l'énergie", a relevé auprès de l'AFP Sam Stovall, analyste chez CFRA.
Si les derniers chiffres offrent un répit aux investisseurs, ils demeurent supérieurs à l'objectif d'inflation de 2% fixé par la Fed.
La veille de la publication, le gouverneur de la banque centrale américaine, Christopher Waller, avait indiqué qu'il soutiendrait un resserrement de la politique monétaire à court terme si l'inflation sous-jacente poursuivait sa progression. Les données de juin atténuent ce scénario.
Le responsable a néanmoins rappelé que les tensions inflationnistes ne se limitent pas à l'énergie. Les droits de douane instaurés par l'administration Trump, ainsi que les investissements massifs dans l'intelligence artificielle et les centres de données, contribuent également à maintenir la pression sur certains coûts, notamment ceux des équipements de climatisation et des composants électroniques.
Malgré le ralentissement global de l'inflation, plusieurs postes de dépenses continuent d'augmenter.
Les loyers affichent une hausse de 2,8% sur un an, les vêtements de 3,9% et l'alimentation de 3%, tandis que les prix des fruits et légumes progressent de 5,3% par rapport à juin 2025.
Les tensions géopolitiques continuent par ailleurs de peser sur les dépenses liées à l'énergie et aux transports. Les prix de l'énergie restent en hausse de près de 16% sur un an, tandis que les billets d'avion affichent une augmentation de plus de 26%, reflétant les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les coûts de transport.