Les principales Bourses européennes repassent dans le rouge jeudi dans les premiers échanges dans une séance marquée par une avalanche de résultats de sociétés contrastés, une hausse des cours du pétrole et un regain de craintes sur le rendement des investissements consacrés à l'intelligence artificielle (IA).
À Paris, le CAC 40 perd 1,27% à 7.821,04 points vers 07h30 GMT, après une hausse de 1,40% mercredi. À Londres, le FTSE 100 recule de 0,66% et à Francfort, le Dax abandonne 1,03%.
L'indice EuroStoxx 50 régresse de 1,49% et le FTSEurofirst 300 de 0,92%. Le Stoxx 600 cède 0,91%, plombé en premier par la consommation cyclique, suivie des ressources de base, de l'industrie, de la finance et des nouvelles technologies.
Les contrats à terme à Wall Street préfigurent une baisse de 0,55% pour le Dow Jones, de 0,96% pour le Standard & Poor's 500 et de 1,69% pour le Nasdaq.
Dans le sillage des places asiatiques, qui ont pâti d'une nouvelle défiance autour de l'IA, tombant à un creux de trois mois, après la brève euphorie de mercredi, les marchés actions en Europe souffrent également, notamment le compartiment technologique (-1,76%).
Les résultats publiés à Wall Street n'ont pas suffi à apaiser les inquiétudes liées à la flambée des coûts d'investissement dans l'IA, tandis que l'escalade des tensions dans le Golfe fait grimper les cours du pétrole et pèse sur l'appétit pour le risque.
Le Brent progresse de plus de 2%, à 111,03 dollars le baril, proche de son pic de cinq mois, après de nouvelles attaques des Houthis en Arabie saoudite, qui accroissent le risque d'un conflit plus large et de perturbations de l'approvisionnement au Moyen-Orient.
Mercredi, SpaceX a enregistré son premier bénéfice en tant que société cotée en Bourse et Meta a annoncé un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes, atténuant ainsi momentanément les craintes concernant le retour sur investissement des dépenses massives consacrées à l'IA.
Cet optimisme s'est toutefois rapidement évaporé en Asie, les investisseurs se concentrant à nouveau sur les coûts liés à l'IA, le projet de Meta d'émettre des actions de classe C sans droit de vote ravivant les inquiétudes quant à l'augmentation des engagements financiers.
Signe de la nervosité, les actifs refuge comme les bons du Trésor américain sont recherchés, ce qui fait monter leur prix et baisser leur rendement. Le taux des Treasuries à dix ans se replie ainsi de 6,4 points de base, à 5,015%, tandis que celui à 30 ans a reflué à 5,3968%, son niveau le plus bas depuis une semaine.
En Europe, la situation de la France continue d'inquiéter avec le rendement de l'OAT à dix ans qui progresse encore, prenant 4,1 points de base, à 5,0395%, au plus haut depuis juillet 2002, après avoir franchi mercredi la barre symbolique des 5%. Le "spread" Bund-OAT, qui mesure l'écart de taux entre les obligations française et allemande, est désormais à plus de 165 points de base, le niveau le plus important depuis 2011, signe qu'il sera politiquement difficile de maîtriser les déficits budgétaires en France.
Aux valeurs, une avalanche de publications d'entreprises anime les échanges, à commencer par Hermès, qui plonge de 8%. Le fabricant des sacs Birkin a publié un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes, dans un contexte économique jugé "difficile" par le groupe. Le secteur européen du luxe recule de 1,92%.
Thales cède 1,26% après des ventes en hausse de 8% sur les trois premiers trimestres, portées par la défense.
Nexans abandonne 2,29% après avoir annoncé une croissance organique de son chiffre d'affaires de 3,9% sur les neuf premiers mois de l'année.
SAP prend près de 1%. La première entreprise technologique d'Europe a atteint pour la première fois le cap des 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires trimestriel et a relevé sa prévision de revenus pour cette année dans la partie supérieure de sa fourchette initiale.
Au Royaume-Uni, le bénéfice de Barclays est dans le rouge malgré l'annonce par la banque d'un plan de rachat d'actions.
Dans les autres résultats notables, LSEG avance de 3,14%, tandis que Sainsbury's fléchit de 3,88%.
En Suisse, Roche et Nestlé qui ont dépassé les prévisions de ventes du troisième trimestre, enregistrent des fortunes diverses, le premier cédant 1,25% et le second gagnant 2,42%.