La dette publique des pays en développement a atteint 9.400 milliards de dollars en 2025, un nouveau record, alors que le rythme d'endettement a connu sa plus forte accélération cette année-là depuis la pandémie de Covid-19, a pointé jeudi la Banque mondiale (BM).
Selon son rapport sur la dette internationale, l'endettement des pays en développement a augmenté de 5,5 % en 2025, trois fois le rythme annuel des années 2022 à 2024, alors que l'accélération des taux d'intérêts vient peser sur la dette souveraine de tous les pays.
Cela n'est pas sans conséquences sur les finances publiques des pays concernés puisque ces derniers ont payé au total 436 milliards de dollars de plus en 2025, par rapport à 2022, pour le service de leur dette, c'est-à-dire le remboursement du prêt et le paiement des intérêts.
Mais, au-delà du coût, le problème est qu'un endettement plus élevé "vient au final toucher les foyers, du fait d'une baisse des investissements, une réduction des opportunités et une plus grande vulnérabilité aux chocs externes", a insisté Haishan Fu, statisticienne en cheffe de la Banque mondiale, citée dans le rapport.
Ce dernier pointe que "durant ces périodes de choc externe, les pays plus endettés voient une part plus importante de leur population être incapable de payer pour des repas décents", a-t-elle ajouté.
Or les pays les plus vulnérables ont vu leur dette progresser plus rapidement, de 8,1 % sur un an, pour atteindre 1.300 milliards de dollars.
Et ces derniers voient les taux de leurs émissions augmenter: ils sont concernés par des taux d'intérêt de 8,2 % en moyenne de la part des prêteurs privés, la moyenne la plus élevée depuis 1989 pour ces pays.
Pire, cette hausse des taux s'accélère puisque leurs dernières obligations sont émises avec un taux moyen de 9,4 %.
Certes, "les pays à faible revenu ou intermédiaires ont accès au crédit privé" mais dans le même temps ils "empruntent plus, remboursent plus et ont moins de marge pour leur développement à long terme", s'est inquiétée Mme Fu.
A l'inverse, les pays qui ne profitent pas de prêts à taux minimal de la part des institutions financières internationales, ont vu le taux appliqué à leurs obligations se réduire, passant à 5,5 % en 2025, soit 0,3 point de moins qu'un an plus tôt.
La prime de risque imposée par le secteur du crédit privé n'est cependant pas la seule hausse du coût de l'endettement pour les Etats en développement, qui empruntent le plus souvent en devise et doivent intégrer les fluctuations monétaires dans leur budget.
La baisse du dollar depuis deux ans a ainsi renchéri le coût des dettes émises dans d'autres monnaies, pesant ainsi un peu plus sur les finances de États concernés.